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Victimes de fraude, des étudiantes africaines refusent de demander l’asile malgré leur situation précaire au Canada

today10/06/2025

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Depuis deux ans, Fatim, originaire du Bénin, vit dans la clandestinité au Canada, victime d’une arnaque qui l’a conduite à vivre en situation irrégulière. Arrivée en 2023 grâce à une fausse admission à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), elle a été dupée par un pseudo-consultant en immigration, qui lui a fait croire à une inscription légitime, et est désormais en lutte contre la peur d’être expulsée.


Refusant de contourner le système en demandant l’asile, Fatim souhaite prouver sa bonne foi aux autorités canadiennes, espérant régulariser sa situation par ses propres moyens. « Je ne veux pas abuser du système », affirme-t-elle. Elle raconte que cette fraude lui a coûté son rêve d’étudier légalement au Canada, et que chaque jour est une lutte, entre la peur d’être arrêtée et ses difficultés financières. Malgré cela, elle continue à espérer, soutenue par une avocate spécialisée en immigration.

Son histoire n’est pas unique. Récemment, c’est le témoignage d’Aminata qui a fait la lumière sur un réseau criminel orchestrant l’arrivée frauduleuse d’étudiants africains au Canada. Victimes du même fraudeur, elles ont toutes deux refusé de demander l’asile, conscientes qu’elles vivent dans l’illégalité, mais refusant également de faire le jeu de ceux qui exploitent leur vulnérabilité.

Ce consultant non autorisé, qui se disait agent d’immigration, a falsifié des documents avec le sceau de l’UQAC, trompant non seulement les étudiants, mais aussi Québec et Ottawa, qui ont délivré des visas. Lorsqu’Aminata a présenté une fausse lettre d’admission à l’automne 2023, l’université a rapidement découvert la fraude et l’a expulsée. Malgré cela, aucune plainte pénale n’a été formulée, faute de procédure simple, selon le vice-recteur Étienne Hébert.

Des étudiants marchent dans un corridor.Les victimes ont alerté l’université, qui a transmis ces informations aux autorités, mais la police juge que la fraude a eu lieu principalement hors de la juridiction canadienne. L’organisme Collège des consultants en immigration et citoyenneté du Canada (CCIC) rappelle que ces praticiens non autorisés représentent un danger et qu’une nouvelle réglementation est en cours d’élaboration pour sanctionner ces activités.

Fatim explique qu’après la mort de son père, qui avait cru en ses chances d’étudier au Canada, elle a été profondément déçue. Son père, ayant tout vendu pour financer ses démarches, n’a pas survécu au choc. Elle-même, après avoir été en contact avec le fraudeur, a perdu tout espoir de poursuivre ses études faute de ressources financières, et son avenir reste incertain.

Victimes, mais aussi porte-voix de leurs pairs, Fatim et Aminata appellent à une prise de conscience collective et à l’arrestation des fraudeurs pour éviter que d’autres jeunes se retrouvent dans cette spirale infernale. Elles espèrent également que leurs témoignages sensibiliseront l’opinion et renforceront la lutte contre la fraude en immigration.

Source: CBC News

Écrit par: Danielle Adjagboni

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