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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today03/09/2025
Les inscriptions d’étudiants étrangers à l’université Laval connaissent une baisse alarmante, avec seulement 1 100 nouveaux inscrits pour l’automne 2025; une chute de 50 % par rapport à 2023. Si, visiblement, l’établissement aurait pu accueillir davantage, les nouvelles politiques migratoires et les quotas imposés par Ottawa ont fortement affecté l’attractivité du Québec.
Selon le vice-recteur aux affaires internationales, François Gélineau, cette baisse ne se limite pas à Laval : l’ensemble de la province ressent également cette diminution, amorcée dès l’hiver dernier. La baisse de 26,4 % des inscriptions en 2024, déjà grave, s’inscrit dans une tendance lourde, alors que les chiffres avaient augmenté de 41 % entre 2019 et 2023.
Pour l’université, cette situation menace directement ses capacités de recherche et d’innovation, notamment dans ses programmes de maîtrise et de doctorat, où les étudiants internationaux représentent entre 50 % et 70 % des effectifs. « Nous ne souhaitions pas une baisse aussi importante, mais elle est là », déplore M. Gélineau, qui espère encore faire pression pour que les quotas de permis d’études soient levés, indiquant que ces étudiants participent activement à la recherche et à la croissance économique.
Les préoccupations sont partagées par la communauté étudiante. Ingrid Avila-Tiomo, présidente de l’Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS), souligne que cette baisse affecte particulièrement les étudiants francophones qui avaient choisi le Québec pour étudier dans leur langue. « Le Québec était considéré comme une terre d’accueil, mais aujourd’hui, cette image est fragilisée. Les étudiants se sentent abandonnés, voire dupés. »
Elle dénonce l’absence de mesures de transition permettant aux futurs talents de s’adapter, et met en garde contre un risque de perte de confiance dans le système d’immigration et de formation québécois.
Face à cette situation critique, Sophie D’Amours, la rectrice de l’université Laval, appelle à une réflexion globale sur l’avenir du financement des universités. Selon elle, le Québec a plus que jamais besoin de talents externes pour soutenir son développement, surtout dans un contexte de tensions géopolitiques et de rivalités économiques avec les États-Unis. « C’est en développant nos propres talents et en favorisant l’innovation que nous assurerons notre compétitivité », conclut-elle.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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