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Une épicerie africaine au cœur de l’intégration des nouveaux arrivants à Moncton

today26/12/2025

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Baobab, une entreprise née d’un mini local devenue incontournable.

L’épicerie africaine Baobab, fondée il y a 11 ans par Adèle Lubaki, accueille aujourd’hui les communautés immigrantes à Moncton en leur offrant bien plus qu’un espace alimentaire : elle leur ouvre aussi les portes du marché du travail.

Une personne dans une épicerie. L’entreprise a récemment déménagé dans un nouveau local trois fois plus spacieux afin de répondre à la demande grandissante d’une clientèle venue « des quatre coins du monde ». À sa création, Baobab faisait venir ses produits africains de Montréal et Toronto. Désormais, l’entreprise importe directement de plusieurs pays du continent et diversifie son offre, ajoutant produits de beauté et accessoires africains.

À 64 ans, Adèle Lubaki, figure respectée de la communauté africaine immigrante, poursuit son rêve avec détermination : « Il n’y a pas d’âge, seulement il faut la détermination et la persévérance pour arriver à quelque chose. Le business, ce n’est pas un parcours facile », confie-t-elle. Celle qui regarde désormais vers l’Amérique latine et l’Europe inspire, parfois sans le vouloir, toute une génération d’entrepreneurs.

Parmi ceux qui voient en elle un exemple à suivre se trouvent Esther Ibang, fondatrice de ComVie Marketing, et Kassi Tanoh, cofondateur de Cocoa and Fusion Food. « En tant que mère de quatre enfants qui a commencé dans un écosystème où il n’y avait pas beaucoup de joueurs, c’est vraiment une inspiration pour moi », explique Esther Ibang.

Kassi Tanoh rêve pour sa part de bâtir des usines et d’employer, comme Baobab, la communauté locale : « Dans cinq, dix ans, on se voit en train de bâtir des usines et employer les gens dans la communauté ».

Son nom fait référence au baobab, arbre symbole des villages africains où l’on se rassemble. Et à Moncton, l’épicerie porte fidèlement cette image : elle sert de point de rencontre et d’intégration.

Nombre de nouveaux arrivants y décrochent leur tout premier emploi; Manuella N’Sougan, étudiante et employée, témoigne :« Je suis arrivée en 2023… C’est mon premier job et ça m’a permis d’avoir ma petite liberté financière. » Ils sont aujourd’hui une vingtaine à travailler au Baobab.

Pour Hammed Soule, gérant du commerce, l’impact est direct : « Il y a plus de communautés qui viennent tous les jours. Les Africains viennent nombreux. Ce qui facilite l’intégration. »

Avant de s’établir à Moncton en 2014, Adèle Lubaki vivait à Bathurst. Lors de ses passages, elle observait le nombre croissant d’étudiants internationaux et décide alors d’étudier leur intérêt pour la cuisine africaine.

Pourtant, son succès ne semblait écrit nulle part : « Je n’ai reçu aucun soutien d’organismes et aucune banque n’a cru en moi », se souvient-elle.

Aujourd’hui, les jeunes entrepreneurs ont davantage de soutien, constate-t-elle, évoquant l’évolution des ressources disponibles. Le Nouveau-Brunswick mise désormais sur des entrepreneurs issus de l’immigration pour bâtir un pont économique avec l’Afrique francophone.

« Comment travailler avec ces jeunes entrepreneurs pour développer des produits fabriqués ici mais inspirés d’ailleurs ? C’est tout ce qu’on est en train de brasser comme idées », explique Isabelle Doucet, représentante du Nouveau-Brunswick auprès de l’OIF.

En dix ans, Baobab a réussi à enraciner son activité dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, et se prépare maintenant à étendre ses branches au-delà de Moncton, vers d’autres régions de la province, poursuivant ainsi sa mission : nourrir, employer, et surtout, rassembler.

Écrit par: Danielle Adjagboni

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