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TROC RADIO L’accent afro-canadien
Une sortie concertée pour défendre les travailleurs étrangers temporaires.
Accompagné de nombreux entrepreneurs, le maire de Québec, Bruno Marchand, hausse de nouveau le ton et presse le gouvernement provincial de rassurer les travailleurs étrangers temporaires déjà établis au Québec. Cette sortie publique survient dans un contexte d’incertitude grandissante depuis l’abandon du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Cette fois, le maire était entouré de dizaines d’entrepreneurs des secteurs manufacturier, industriel et de la restauration, tous unis pour dénoncer la fin du PEQ. Ce programme permettait notamment aux travailleurs étrangers temporaires d’accéder à la résidence permanente après deux ans de travail.
Le PEQ a été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), un changement qui, malgré les explications du ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, continue de semer le doute dans la région de Québec.
Selon Bruno Marchand, l’abandon du PEQ crée une incertitude persistante qui menace directement l’économie de la capitale. Il estime qu’il est urgent que Québec trouve des solutions concrètes pour rassurer à la fois les travailleurs déjà embauchés et les employeurs.
« Peu importe les programmes en place, il faut mettre les moyens nécessaires, accélérer l’étude des dossiers, enlever des conditions complètement farfelues et se mettre en mode accéléré pour se préoccuper de ces gens-là », a martelé le maire.
On estime à environ 13 000 le nombre d’immigrants temporaires vivant actuellement dans la région de Québec. Le secteur de la restauration est l’un des plus affectés par ces changements. Selon le maire, près de la moitié des employeurs du milieu ont recours à des travailleurs étrangers temporaires.
Or, des restaurateurs affirment qu’aucun cuisinier n’a reçu d’invitation à accéder à la résidence permanente par le PSTQ, ce qui accentue les craintes de pénurie de main-d’œuvre.
Le PSTQ repose sur un système de pointage où les candidats sont évalués selon plusieurs critères, notamment le niveau de scolarité, l’expérience de travail à l’étranger et au Québec, la maîtrise du français, l’âge et la région de résidence.
Le ministre Jean-François Roberge rappelle que le PEQ n’accordait pas de permis de travail, et que l’émission ou le retrait de ces permis relève du gouvernement fédéral. Il précise également qu’aucun critère salarial n’est associé au PSTQ.
Depuis juin, le Québec réclame à Ottawa une clause grand-père pour protéger les travailleurs temporaires déjà en poste, mais le fédéral refuserait de renouveler certains permis à l’extérieur de Montréal et Laval. Les mesures de réduction annoncées par Québec ne concernent d’ailleurs que ces deux régions.
Rappelons que le gouvernement provincial a récemment annoncé une cible de 45 000 immigrants permanents par année, dont 29 000 pour des motifs économiques.
Au début du mois, près de 1 900 personnes ont reçu une invitation à devenir résidents permanents par l’entremise du PSTQ, présenté comme la nouvelle voie pour les travailleurs temporaires depuis la fin du PEQ.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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