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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today02/05/2025
La fusillade qui a récemment visé le cabinet de l’avocat Émile Benamor soulève des interrogations profondes sur la gestion des cas criminels au Canada, notamment celui de Michel Manueli Likeng Mbappe. À seulement 20 ans, ce Camerounais, résident permanent au passé criminel chargé, aurait pu éviter de se retrouver impliqué dans ce drame si les processus d’expulsion avaient été plus efficaces.

Arrivé au Canada durant son adolescence, Likeng Mbappe avait déjà un lourd dossier judiciaire, incluant des condamnations pour plusieurs crimes tels que l’introduction par effraction et la possession d’un véhicule volé. En mai 2024, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a identifié son cas comme relevant de la « grande criminalité », justifiant ainsi un renvoi. Toutefois, libéré à l’été 2024, il a été arrêté une nouvelle fois en octobre pour la fusillade, qui est liée à des événements tragiques antérieurs ayant coûté la vie à sept personnes.
Malgré les assurances de l’ASFC concernant la priorité donnée aux cas de grande criminalité, le dossier de Likeng Mbappe n’a été transféré à la section immigration qu’en janvier 2025. Ce délai a permis à un individu déjà dangereux de rester sur le sol canadien et de commettre d’autres délits. Bien qu’une mesure d’expulsion ait été signée en avril 2025, son renvoi vers le Cameroun est désormais suspendu, attendant la fin de son procès pour la fusillade et la possibilité de recours judiciaires.
L’avocat en immigration Stéphane Handfield souligne la complexité des procédures d’expulsion au Canada : « Les gens pensent qu’un étranger reconnu coupable est expulsable immédiatement, mais la réalité est plus nuancée. » En effet, les audiences peuvent être reportées et des recours juridiques peuvent prolonger indéfiniment le séjour de criminels dans le pays. Actuellement, Likeng Mbappe pourrait passer des mois, voire des années, en détention avant qu’une décision ne soit rendue.
Cette affaire met en lumière les failles du système judiciaire et institutionnel canadien en matière de sécurité publique. Même si l’ASFC assure traiter les dossiers sensibles en priorité, la situation de Likeng Mbappe montre le contraire : un criminel multirécidiviste a pu échapper à l’expulsion, suscitant un sentiment d’impunité parmi les victimes de la criminalité organisée.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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