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    TROC RADIO L’accent afro-canadien

Communautés

Cameroun : Regain de tribalisme et de sectarisme, la cohésion sociale en danger

today27/09/2022

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Continuer à lire et à projeter le Cameroun en portant les lunettes ethniques/tribales et avec des élans de sectarisme, tel le péché véniel de certains soi-disant intellectuels camerounais aujourd’hui. C’est une grave menace à la cohésion sociale et à la paix au Cameroun.

OPINION- Pr WASSOUNI François
Université de Maroua

Dans un monde qui se globalise, les combats entre genres, races, tribus, ethnies et villages tendent à disparaitre. Mais il subsiste, çà et là, des irrédentismes, entretenus par des fronts… Ailleurs l’on ne juge personne à la couleur de sa peau, à sa provenance ni à son ethnie . L’on accorde la nationalité et les droits y afférents sans rentrer dans la philosophie grecque ancienne à la recherche des généalogies. Et, une fois intégré dans une communauté, on y jouit des mêmes droits et y est astreints aux mêmes devoirs que les autres membres. Il n’y a ni de petits ni de grands citoyens. Pas plus de grands que de petits groupes.

Mais combien est-on choqué par les discours mis en circulation dans notre espace public? Nulle communauté n’est plus camerounaise qu’aucune autre. On est Camerounais du nord au sud, de l’est à l’ouest. Eton, Douala, Manguissa, Bamileke, Peuls, Mandara, tous y ont une part. Parce fils et filles du Cameroun. À titre égal.

La loi fondamentale du Cameroun reconnaît l’égalité des chances entre, d’une part, ses citoyens et, d’autres part, ses communautés constitutives. Nulle disposition ne légale ne fonde donc les uns a accaparer la gestion des affaires de la cité et à subalterniser les autres.

Engagés depuis un moment dans des débats abjects, de pseudo intellectuels se font des défenseurs de postures absurdes, immorales et révoltantes. Dans cette pollution de l’espace public, l’on confond idiotement les identités sociologiques avec les découpages administratifs. Comme si Nordistes, Sudistes, Anglophones, étaient devenus de véritables ethnies du Cameroun et que les uns devraient regarder les autres en chiens de faïence.

Des analyses d’un autre âge polarisant gauchement le début public autour des questions de pouvoir, un peu comme si le Cameroun se réduit aux luttes de maintien et d’accession à la magistrature. Il y a, jusque dans les médias, comme une éviction convenue des problématiques sociales (éducatives, sanitaires, sécuritaires, etc.)

L’intérêt pour la covid-19 et la gestion du fonds de solidarité s’est estompé comme un orage éphémère. Étourderie ou habile manœuvre de positionnement dans la course au pouvoir ?

N’est-ce pas étrange, alors que la question de la succession est réglée à l’avance par les dispositions de la Constitution, tout ce ramdam de juristes et de politistes – aristocrates zélés – qui, jetant leur toge plus que bas ou l’entachant d’une souillure partisane, s’époumonent pour défendre un ordre qui leur profite et qu’ils espèrent voir durer ad vitam aeternam.

Avec garer des thèses spécieuses, sans épaisseur scientifique ni pertinence, ils s’ingénient à fâcher les Camerounais les uns contre les autres.

Par une sorte de réflexe psychotique, on accuse de vouloir déstabiliser le pays, on soupçonne de chercher le pouvoir ou de nourrir le projet de renverser Paul BIYA quiconque ose une idée politiquement incorrecte .

Le politiquement correct, c’est lorsqu’un ministre issu d’une région incapable de représenter autant d’électorat qu’un ou deux départements de l’Extrême-Nord par exemple, avait eu la stupide idée d’organiser des marches honteuses en réaction contre des Nordistes qui chercheraient à prendre le pouvoir, au moment même où Boko Haram leur faisait perdre le sommeil et tout espoir de survie.

Faut-il le rappeler : le Nord-Cameroun, Biya et le pouvoir, c’est le plus fidèle et fructueux mariage de tous les temps depuis son accession à Etoudi.

Ces attitudes exaspèrent. Le pouvoir n’est pas l’affaire du Président Biya qu’on force à jouer des matches dont il ignore les enjeux ténébreux et les protagonistes.

Faire preuve d’intelligence, c’est se souvenir bien que lui-même a accédé au pouvoir dans des circonstances paisibles de notre histoire. Pourquoi veut-on que sa succession, qui est inéluctable, soit troublée et que son nom vienne à être inscrit à la manière qu’il ne mérite pas dans les annales de notre histoire ?

Si l’on s’en tient aux analyses farfelues, les choses peuvent facilement dégénérer autour de nous. Vivement qu’au moment où le Président Biya sera appelé à s’en aller, l’équation de sa succession se règle de la même manière qu’à son arrivée, pour rassurer les Camerounais et la communauté internationale que le Cameroun est un pays mature, démocratique et civilisé.

Nous devons nous le tenir pour dit : tout Camerounais, s’il en remplit les conditions, peut prétendre à présider aux destinées de notre jeune nation. Il lui incombera alors de convaincre les Camerounais de sa capacité à gérer le pays avec efficacité et justice, sans discrimination, sans en faire un patrimoine familial, ethnique, religieux et régional.

Qu’il soit du RDPC, du SDF, du MDR, ou de quelque autre parti de naissance avenir ou de la société civile ne pose en principe aucun problème. Combien existait-il de formations politiques en 1982 ?

Que ce soit un jeune, un cinquantenaire ou un sexagénaire, une femme ou un homme,
Beti, Bamileke, Kotoko, Bassa, Francophone ou Anglophone et même un Camerounais de notre grande et riche diaspora, seules compteront ses qualités humaines et républicaines et ses compétences.

Voilà une esquisse sommaire du profil du Président dont le Cameroun et les Camerounais ont besoin. Un Président choisi et élu démocratiquement par les Camerounais parmi plusieurs autres de ses compatriotes.

Il n’est écrit nulle part qu’après Biya, il faudra absolument tel genre de personne, tel Président de telle région ou de tel groupe sociologique. Ce genre de projection est un cauchemar dangereux pour le Cameroun qui n’est pas l’apanage d’un groupe ou d’une seule région. Cessons donc de susciter des velléités machiavéliques et des plans destructeurs pour notre pays dont l’unité a été si rudement bâtie.

Le Cameroun a chèrement acquis son indépendance et saigné abondamment pour relever le pari de son unité et que certains travaillent à briser pour instaurer le chaos.

L’histoire nous édifie en effet densément à propos de la longue et douloureuse marche du Cameroun vers son unité et son intégration, de la période allemande aux années 1970. Nul n’a intérêt à la fragiliser pour ses petits calculs intéressés et tribalistes.

Le Cameroun, c’est le berceau de nos ancêtres. Le Cameroun, ce n’est la terre de quelques-uns. Les leçons que certaines régions donnent à l’occasion des échéances électorales, en plébiscitant des candidats qui ne sont ni de leurs ethnies et encore moins de leurs régions, devraient parler à nos consciences et nous résoudre à relativiser nos discours sectaires et diviseurs.

Pourquoi chaque Camerounais n’aspirerait-il pas être le futur Président de la République du Cameroun? C’est une ambition légitime. Il faut donc définitivement rompre avec les complexes et les manœuvres d’intimidation.

Il faut plutôt susciter des vocations pour cette prestigieuse fonction républicaine tout autour de nous, avec la conviction qu’on peut aussi y accéder démocratiquement, en remplissant les conditions d’éligibilité, avec la volonté et l’engagement de faire mieux que ses prédécesseurs.

Il y a un vice à diaboliser toutes les nouvelles initiatives de conquête du pouvoir. C’est le refus du renouvellement et du rajeunissement de notre classe politique. À ce propos, la montée courageuse des jeunes comme Cabral Libii est à saluer au-delà des entreprises de dénigrement et des polémiques dont il est inutilement la cible.

Telle est la philosophie qui, de mon point de vue, doit animer les grands esprits, surtout pétris d’un sens élevé de raison et de patriotisme. Cette philosophie qui consiste a reléguer aux calendes grecques les fantasmes ethno idéologiques dangereuses qui se construisent et circulent au sein de l’opinion publique, et qui peuvent facilement nous faire revivre le Rwanda, si nous n’y prenons garde..

Pour avoir une contribution sérieuse, utile et pertinente, nous devons nous défaire de nos camisoles tribalistes et ethnicistes qui commencent à inquiéter.

Il est d’autant plus inquiétant que ces constructions dangereuses sont alimentées par des milieux intellectuels. Il y a urgence d’appeler à la mesure, à la raison et au bons sens. Cela revient à déchausser ces dangeureuses lunettes ethniques, tribales ou régionales pour lire et analyser le Cameroun autrement,

Nous devons donc lutter contre les semeurs d’illusions et les penseurs du chaos et de la désintégration du Cameroun, eux qui pensent que le Cameroun de maintenant et de demain gardera la même coloration et physionomie que celui des années 1960, et que rien ne bougera, quoi qu’il advienne. Quel dommage pour ces adeptes des pensées villageoises et de l’immobilisme du Cameroun!

Pr WASSOUNI François
Université de Maroua

Written by: C2D


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