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Réflexions sur la retraite : Les défis financiers des seniors au Canada

today15/10/2024

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Dans la région de Windsor, en Ontario, des immigrants dans la soixantaine expriment une inquiétude palpable face à leur avenir financier. David Mboli, arrivé au Canada en 2008 en quête de meilleures opportunités, témoigne : « Le peu qu’on peut épargner ne peut pas nous permettre de survivre convenablement. » En dépit d’une maîtrise, il a dû se contenter de petits boulots mal rémunérés, freinant ainsi sa capacité d’épargne. Comme beaucoup d’autres, il continue de subvenir aux besoins de sa famille restée dans sa République démocratique du Congo natale.


David n’est pas seul. Ses compatriotes partagent des craintes similaires. L’incertitude et le manque de préparation pour la retraite pèsent lourdement sur leurs épaules. Weber Kumba, un immigrant qui a posé ses valises au Canada il y a près de trente ans, met en lumière le fardeau financier auquel ces hommes et femmes font face. « La cotisation n’est pas assez forte pour vivre une bonne retraite, et le coût de la vie ne cesse d’augmenter », explique-t-il, soulignant que beaucoup d’immigrants, particulièrement d’origine africaine, sont préoccupés par leurs factures quotidiennes plutôt que par leur épargne retraite.

Face à cette réalité, certains, comme Kumba, cherchent à limiter leurs dépenses tout en envisageant des activités pour rester actifs. « Je serai à la retraite par rapport à mon employeur, mais j’aurai des choses à faire », dit-il, conscient des défis que représente l’inactivité pour la santé mentale et physique.

La situation de ces immigrants est d’autant plus complexe qu’ils envisagent le retour en Afrique. David Mboli réfléchit à s’installer dans un autre pays africain, de peur de rentrer au Congo sans ressources suffisantes, rajoutant : « En Afrique, c’est un village. » Quand on revient d’ici, il y a toujours des gens qui viennent vous demander de l’aide. »

Pour faire face à ces défis, une sensibilisation à la littératie financière semble cruciale. André Félix Bakehe, directeur de l’organisme Immigrant Financial Fitness, insiste sur l’importance de comprendre les outils financiers à disposition au Canada. « Nous devons vivre au Canada comme des Canadiens et non transposer des peurs venant de nos pays d’origine », souligne-t-il, appelant à une éducation financière adaptée à tous.

Yves Laberge, sociologue à l’Université d’Ottawa, renchérit en affirmant que la préparation à la retraite ne doit pas uniquement se faire en fin de carrière. Il préconise une sensibilisation à l’épargne et à la planification financière dès le début de la vie professionnelle, touchant ainsi aussi bien les immigrants que les Canadiens d’origine.

L’inquiétude face à l’avenir et à la sécurité financière à la retraite n’épargne pas seulement les immigrants, mais touche également une grande part de la population canadienne. Un défi collectif dont il est urgent de s’attaquer afin d’assurer une retraite digne et sereine pour tous.

Écrit par: Danielle Adjagboni

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