play_arrow

keyboard_arrow_right

skip_previous play_arrow skip_next
00:00 00:00
chevron_left
volume_up
chevron_left
  • play_arrow

    Troc radio en direct

  • cover play_arrow

    TROC RADIO L’accent afro-canadien

À la Une

Moins d’immigrants, moins de travailleurs : un signal d’alarme à Fredericton

today22/12/2025

Arrière-plan
share close

Le Nouveau-Brunswick fait face à une baisse de sa population, une situation qui n’avait pas été observée depuis la fin de l’année 2016. Selon les plus récentes estimations publiées cette semaine par Statistique Canada, la population de la province a diminué entre juillet et octobre derniers.


Ce recul démographique survient dans un contexte bien précis : le virage amorcé par le gouvernement fédéral en matière d’immigration, qui vise à réduire le nombre d’admissions à l’échelle nationale.

Dans le cas du Nouveau-Brunswick, la diminution de la population s’explique principalement par la baisse du nombre de résidents non permanents, notamment les étudiants étrangers et les travailleurs temporaires.

Une situation qui préoccupe vivement le ministre provincial responsable de l’Immigration, Jean-Claude D’Amours : « C’est extrêmement inquiétant de voir ça », a-t-il affirmé en entrevue, réagissant aux données dévoilées.

 

Le ministre rappelle que le Nouveau-Brunswick est l’une des provinces les plus vieillissantes du pays. Selon ses projections, la province aura besoin de 136 000 travailleurs supplémentaires au cours des prochaines années afin de soutenir son économie et ses services essentiels.

Jean-Claude D’Amours dénonce une approche fédérale qu’il juge trop uniforme. « On applique une approche one size fits all, sans tenir compte des réalités propres aux provinces et aux territoires », déplore-t-il.

Il dit avoir espéré des ajustements de la part du gouvernement Carney au cours des derniers mois, en vain : « Je ne dirai pas ce dont la Nouvelle-Écosse ou la Saskatchewan ont besoin. Moi, je regarde ce dont le Nouveau-Brunswick a besoin. J’espère encore que le gouvernement fédéral va reconsidérer sa position », ajoute-t-il.

Le ministre ne mâche pas ses mots : il souhaite qu’Ottawa permette au Nouveau-Brunswick d’accueillir davantage d’immigrants, de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux.

« Il y a peut-être eu des problématiques ailleurs au pays, mais on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier », insiste-t-il.

La baisse de la population est également suivie de près par le milieu entrepreneurial, qui craint un resserrement de l’accès à la main-d’œuvre.

À la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), le vice-président pour les provinces de l’Atlantique, Louis-Philippe Gauthier, se dit préoccupé.

« Chez nous, la question devient l’accessibilité à la main-d’œuvre. Plusieurs de nos membres dépendent des travailleurs temporaires et des étudiants étrangers. Avec les nouvelles mesures fédérales, c’est problématique », souligne-t-il.

« Les postes affichés ne sont tout simplement pas remplis. L’entreprise doit tourner, alors les employeurs se tournent vers les travailleurs temporaires », explique-t-il.

De son côté, le PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CENB), Jonathan Duffaud, affirme ne pas être surpris par les chiffres.

« C’est logique compte tenu de la nouvelle politique fédérale. La population avait fortement augmenté ces dernières années grâce à l’immigration », note-t-il.

Il reconnaît toutefois que ce virage suscite des inquiétudes chez les entrepreneurs : « La question est de savoir si on pourra encore trouver la main-d’œuvre nécessaire, notamment dans certains secteurs et certaines régions », précise-t-il.

Jonathan Duffaud insiste enfin sur un point crucial : l’immigration francophone ne doit pas être pénalisée par les nouvelles orientations fédérales.

« Nous souhaitons que ces cibles soient préservées, voire augmentées. Nous ne les avons pas encore atteintes et ce dossier demeure une priorité pour le Conseil économique du Nouveau-Brunswick », conclut-il.

Écrit par: Danielle Adjagboni

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%