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Manitoba : un système de régulation perçu comme discriminatoire pour les infirmières formées hors Canada

today12/06/2025

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Au Manitoba, la situation des infirmières d’origine africaine formées à l’étranger suscite de plus en plus d’inquiétudes. Selon l’Alliance des infirmières et infirmiers noirs du Canada, ces professionnelles se sentent victimes d’une surveillance disproportionnée et souvent injuste lorsque leur entrée dans le système de santé local est en jeu.


Depuis plusieurs années, l’organisme de réglementation postule un lien entre leur forte représentation dans les signalements et une remise en question systématique de leur compétence. La fondatrice de l’Alliance, Ovie Onagbeboma, affirme avoir reçu de plusieurs infirmières de cette origine des témoignages évoquant un sentiment d’être scrutées plutôt que soutenues, certaines d’entre elles se sentant vouées à l’échec malgré leurs diplômes et leur expérience.

Leadership | Canadian Black Nurses Alliance« La surveillance est excessive, et cela nuit à leur bien-être et à leur intégration », dénonce-t-elle. Elle ajoute que, face à des plaintes liées à leur pratique – notamment pour des tâches qu’elles ne seraient pas encore capables d’effectuer, comme utiliser certains équipements , ces infirmières dénoncent un manque d’accompagnement et de formation adaptée.

Une récente étude du Collège des infirmières et infirmiers du Manitoba indique que 35 plaintes ont été déposées contre plus de 1 000 infirmières issues de ce groupe sur 15 mois, avec deux décès liés à ces plaintes. Cependant, Onagbeboma critique le fait que ces chiffres mettent en lumière des risques de stigmatisation sans considérer le contexte ou la qualité réelle du travail effectué.

L’organisme officiel répond que plusieurs questions soulevées échappent à son contrôle, notamment sur l’identité des plaignants et la durée des programmes de formation. Le porte-parole, Martin Lussier, souligne que la majorité des infirmières formées à l’étranger exercent leur métier sans incident, et que l’objectif reste d’assurer la sécurité des patients tout en évitant toute discrimination.

La polémique a récemment atteint de nouveaux sommets : en décembre 2024, la réintroduction d’une exigence d’expérience au Canada pour ces infirmières a été dénoncée comme un obstacle à leur intégration. Pourtant, en avril dernier, le ministre de la Santé, Uzoma Asagwara, a annoncé le retrait temporaire de cette exigence suite à des pressions et à une volonté de faire du Manitoba un modèle d’accueil pour les professionnelles formées à l’étranger.

Les représentants du secteur saluent cette évolution, notamment Joyce Kristjansson, qui voit dans ces mesures une étape vers un permis de travail unique, facilitant la mobilité nationale des infirmières.

Pour l’Alliance, ces enjeux illustrent un problème plus large : la sur-surveillance des infirmières issues de l’immigration et le besoin urgent de leur offrir un véritable soutien plutôt qu’une stigmatisation qui fragilise leur exercice et leur intégration professionnelle. La communauté médicale, tout comme les autorités, devra poursuivre ses efforts pour assurer une pratique sécuritaire, équitable et respectueuse, dans l’intérêt des patients comme des professionnelles.

Écrit par: Danielle Adjagboni

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