play_arrow

keyboard_arrow_right

skip_previous play_arrow skip_next
00:00 00:00
chevron_left
volume_up
chevron_left
  • play_arrow

    Troc radio en direct

  • cover play_arrow

    TROC RADIO L’accent afro-canadien

À la Une

Les Montréalais d’origine soudanaise en détresse face à l’inaction du Québec sur la crise humanitaire de leur pays natal

today18/10/2024

Arrière-plan
share close

Alors que le Gouvernement fédéral canadien a mis en place un programme temporaire pour aider les personnes fuyant la guerre au Soudan à rejoindre leurs familles au Canada, les Montréalais d’origine soudanaise expriment une grande frustration. En effet, le Québec a choisi de ne pas participer à cette initiative, laissant de nombreux résidents dans l’incertitude quant à la sécurité de leurs proches restés au pays.

Sudanese Montrealers grow anxious as Quebec offers no solution to help loved ones flee war | CBC News
Thowiba Mansour, une Montréalaise soudanaise, se remémore l’excitation qu’elle a ressentie à l’annonce du programme, qui visait à réunir les familles. « J’étais très heureuse, je pensais simplement à la manière dont je pourrais faire venir ma famille ici. » « Ils seraient en sécurité », se souvient-elle. Malheureusement, son espoir a rapidement été terni par la décision du Québec de s’exclure du programme, une situation qu’elle n’avait pas anticipée.

Sudanese Montrealers grow anxious as Quebec offers no solution to help loved ones flee war | CBC News

 

En date du 7 septembre, Affaires mondiales Canada a indiqué que plus de 7 300 demandes étaient encore en cours de traitement, mais aucune nouvelle demande ne sera acceptée. Pour certains, l’attente se transforme en dérive tragique ; alors que leurs demandes sont en cours, certains proches sont déjà décédés. Les gens sont désespérés alors que près de 20 000 vies ont été perdues en 18 mois de conflits armés au Soudan, qui pourraient, selon d’autres estimations, atteindre jusqu’à 150 000 victimes.

La guerre, qui a éclaté le 15 avril 2023 entre les forces armées soudanaises et les paramilitaires, a plongé le pays dans la pire crise humanitaire de son histoire. La famine frappe durement une population de 50 millions d’habitants, dont la moitié souffre de pénurie alimentaire. Plus de 10 millions de personnes ont été déplacées, et de nombreux réfugiés vivent des conditions précaires dans les pays voisins.

Mansour, dont les membres de la famille ont été contraints à de multiples déplacements, ressent une profonde injustice. « Nous sommes fièrement Québécois, mais nous n’avons pas encore les mêmes droits », déclare-t-elle. « Nous participons à la prospérité de la province et nous avons le droit d’avoir les membres de notre famille en sécurité. »

Duha Elmardi, une autre Montréalaise d’origine soudanaise, partage ce sentiment d’impuissance. Sa famille, éparpillée à travers plusieurs pays, vit sous la menace constante de la guerre. « Nous ne savons pas si nous pourrons un jour nous revoir », confie-t-elle avec émotion.

Khalid Medani, directeur de l’Institut d’études islamiques de McGill, alerte sur le fait que de nombreux Soudanais sont décédés dans l’attente de venir au Canada, appelant à une élaboration urgente de solutions par le gouvernement canadien. Il recommande de lever les restrictions sur le programme fédéral d’accueil, plaide pour le soutien accru aux agences des Nations Unies et critique les exigences bureaucratiques complexes qui entravent l’aide humanitaire.

Alors que ces Canadiens d’origine soudanaise se battent pour la sécurité de leurs proches, l’absence de réponse du Québec amplifie leur désespoir face à la catastrophe humanitaire qui touche leur patrie. Les appels à l’action se multiplient, mais le temps presse pour ceux qui n’ont d’autre choix que d’espérer.

Écrit par: Danielle Adjagboni

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%