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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today30/01/2025
Le gouvernement du Québec, dirigé par le ministre de l’Immigration Jean-François Roberge, a récemment annoncé le dépôt imminent d’un projet de loi visant à redéfinir les mécanismes d’intégration des immigrants. Cette initiative, prévue pour jeudi dernier, cherche à établir un modèle d’intégration centré sur la culture québécoise, affirmant ainsi la nature unique de la nation québécoise dans le paysage canadien.
Lors d’une conférence de presse à Québec, Roberge a mis en avant l’urgence d’instaurer des lois qui garantissent que les immigrants et les membres de minorités culturelles reconnaissent et adoptent les valeurs fondamentales du Québec. « Nous ne voulons pas de ghettos. « Nous voulons une société intégrée », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un vivre-ensemble harmonieux.
Le ministre a exprimé que l’interculturalisme — qui privilégie la culture francophone québécoise — nécessite désormais un cadre juridique pour éviter les écueils, comme ceux que soulève la loi sur la laïcité dans le milieu scolaire. Il a insisté sur la nécessité pour les nouveaux arrivants « d’accepter nos valeurs démocratiques » et de contribuer activement à la société québécoise.
Bien que Roberge n’ait pas fourni de détails spécifiques sur le projet de loi, il a déclaré qu’il serait fondé sur le principe de réciprocité, définissant ainsi un nouveau contrat social. Il a exprimé son souhait que les immigrants s’engagent davantage dans la vie culturelle du Québec, allant jusqu’à les encourager à participer aux festivités locales et à s’impliquer dans des événements comme la Fête nationale.
Cependant, cette annonce intervient dans un contexte de coupes budgétaires dans les programmes d’intégration. Récemment, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a mis fin au soutien financier pour les cours de français à temps partiel, conduisant à la fermeture de nombreuses classes et à des pertes d’emplois pour les enseignants. En dépit d’une augmentation significative du nombre d’inscrits aux cours de français — qui a plus que doublé en un an — cette décision soulève des questions sur la cohérence des engagements du gouvernement en matière d’intégration.
Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire, a critiqué cette incohérence, appelant le gouvernement à ne pas désigner l’immigration comme le principal responsable des problèmes sociaux, allant jusqu’à suggérer que de telles initiatives ne constituent que des « bons principes » sans actions concrètes.
Dans une période où la menace économique plane, comme l’a souligné le premier ministre François Legault, le gouvernement du Québec se trouve à un carrefour. Alors qu’il affirme son intention de protéger les valeurs et l’identité de la province, il doit également veiller à ce que sa politique d’immigration soit intégrée dans une vision globale, équilibrant intégration et soutien aux nouveaux arrivants.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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