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Influenceurs immigrés : des exemples de réussite au Québec

today06/12/2022

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Influenceurs immigrés : des exemples de réussite au Québec

Nonobstant les difficultés qu’ils ont dû rencontrer en tant qu’afro-descendants au Québec, Farah Alibay, Frantz Saintellemy et Stéphanie Harvey ont émergé dans leur domaine et servent d’exemple pour d’autres personnes.

Née à Saint-Charles-Borromée, dans Lanaudière en 1989, Farah Alibay est titulaire d’un doctorat en génie aérospatial du Massachusetts Institute of Technology. En mars 2020, elle a été au cœur de la mission de la NASA, qui a déployé l’astromobile Persévérance. Farah Alibay rêve de devenir astronaute. Aujourd’hui, se souvient de ses débuts dans le milieu de l’aérospatiale. Celle qui se décrit comme « femme racisée, immigrante, aux cheveux rouges et queer » regardait autour d’elle et ne trouvait pas grand monde qui lui ressemblait. « C’est difficile. On vit tous le syndrome de l’imposteur. Quand les choses ne vont pas bien et que tu te retournes et qu’autour de toi, personne ne te ressemble… Tu te demandes : est-ce qu’il y a vraiment une place pour moi ici ? », raconte celle qui travaille aujourd’hui à la NASA.

Quant à Frantz Saintellemy, né à l’île de la Gonâve, en Haïti en 1973, il est arrivé à Montréal en 1982. Titulaire d’un baccalauréat en génie électronique et informatique de l’Université Northeastern et d’un fellowship du Massachusetts Institute of Technology, Frantz Saintellemy est président et chef de l’exploitation de LeddarTech. Il est par ailleurs chef de file dans le domaine des véhicules autonomes. Depuis octobre 2021, il est chancelier de l’Université de Montréal.

D’après un constat fait par le nouveau chancelier de l’Université de Montréal « bon nombre de personnes des communautés afro-descendantes qui ont subi des railleries, des discriminations de toute sorte ont réussi dans le domaine de la haute technologie », pense le président et chef de l’exploitation de LeddarTech.

Âgée de 36 ans, Stéphanie Harvey est née en 1986 au Québec. Cinq fois championne du monde au jeu Counter-Strike, Stéphanie Harvey est Cofondatrice de l’organisation Missclicks, qui s’attaque à la sous-représentation des femmes dans l’univers du jeu vidéo. Vainqueur en 2016 de l’émission Canada’s Smartest Person, à CBC, elle se remémore de ses débuts dans le domaine du jeu Counter-Strike. « Des femmes, il n’y en avait presque pas au début des années 2000 quand j’ai commencé mes premiers tournois, peut-être deux ou trois filles parmi 500 ou 1000 gars ».

Des exemples pour la génération moderne

Des modèles de réussite, c’est ainsi que l’on qualifie ces trois afro-descendants qui sont capables d’exercer une influence sur des jeunes qui seraient tentés de marcher dans leurs pas. Stéphanie Harvey qui a récemment publié Missharvey, gameuse et fière de l’être, un livre qui s’intéresse au concept de cybercitoyenneté, explique que : « Plein de fois, des femmes m’ont dit être entrées dans l’industrie, car elles m’avaient vu à la télé ou dans une entrevue ». Même si elle constate que les femmes restent très sous-représentées dans l’industrie du jeu vidéo, elle tire une certaine fierté de pouvoir en inspirer d’autres.

« Ça confirme que ce que je fais vaut la peine. Des fois, me lever le matin pour aller faire une entrevue à la radio alors que j’avais des pratiques jusqu’à 1 h la veille, ça me tentait moins. » Je travaille très fort. Et souvent, ce n’est pas pour ma carrière à moi, c’est pour faire changer les choses.

Pour Farah Alibay, le constate est clair. De nos jours, les choses changent lentement pour ce qui est de la formation en génie. La proportion de femmes au baccalauréat en génie reste autour de 20 % et monte à pas de tortue.

Celle qui a acquis une renommée immédiate avec la mission mars 2020 multiplie les conférences dans les écoles du Québec. Elle raconte avoir reçu un message d’une fille récemment. « Elle m’a écrit pour me dire que j’étais venue à son cégep donner une conférence. Elle a décidé d’aller en aérospatiale et aujourd’hui, elle travaille dans ce domaine-là. »

Au début de sa carrière, elle a remarqué que les cadres ne lui ressemblaient pas. Elle raconte s’être demandé s’il n’existait pas un plafond de verre et qu’elle en subirait les contrecoups. « La diversité, c’est important, parce que tu peux te retrouver dans un environnement et être toi-même finalement », relève Farah Alibay.

Frantz Saintellemy note que ses « modèles ont été de toutes les origines, de toutes les couleurs et de toutes les cultures ». « Je n’aime pas seulement me limiter aux gens qui me ressemblent physiquement », dit-il.

Pour ce dernier, ses vrais influenceurs ont été ses enseignants à l’école secondaire. Arrivé au Québec à 8 ans, il avait du mal à comprendre l’accent québécois. Le jeune introverti s’est refermé sur lui-même, et il était considéré comme en difficulté. C’est alors qu’une poignée d’enseignants l’ont aidé à sortir de cette situation, se souvient le fondateur du Groupe 3737, un centre d’innovation et de diversité entrepreneuriale situé dans le quartier Saint-Michel, à Montréal.

Raphael Mforlem, Troc Radio Canada.

Written by: Raphael Nforlem


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