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Inaccessibilité linguistique : la lutte pour comprendre et être compris

today15/05/2025

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Dans un récit poignant, une mère anglophone de Québec raconte son expérience d’accouchement solitaire, dépourvue de l’aide cruciale d’un interprète dans un hôpital du CHU de Québec. Cette situation met en lumière un problème alarmant : le manque d’accès des patients allophones aux services d’interprétariat, compromettant ainsi le consentement éclairé aux soins.

Marielle M’Bangha, directrice du Service de référence en périnatalité pour les femmes immigrantes de Québec (SRPFIQ), souligne que comprendre le processus d’accouchement est essentiel. « Nous signons des consentements aux soins. « Si nous ne comprenons pas ce pour quoi nous signons, nous avons un problème de choix éclairé et même de consentement », explique-t-elle, appelant à une meilleure provision d’interprètes lors des accouchements.

La Loi sur la santé et les services sociaux garantit aux personnes d’expression anglaise le droit à des services dans leur langue, mais cet accès dépend des ressources disponibles. En réponse à une plainte passée, le SRPFIQ pousse le personnel médical à intégrer plus fréquemment des interprètes dans leurs soins.

Brigitte Wellens, présidente du Comité régional pour le programme d’accès aux services de santé en langue anglaise, insiste sur la nécessité d’une sensibilisation au droit des usagers : « Trop d’anglophones hésitent à demander des services en anglais, souvent par manque de connaissance des disponibilités. » Ce manque de sensibilisation contribue à une carence significative dans l’accès aux soins en langue anglaise, alors que le CHU de Québec a vu le nombre de demandes pour des interprètes doubler, atteignant 4184 demandes en seulement cinq ans.

Le CHU affirme que les services d’interprétariat sont assurés par une banque d’interprètes gérée par Santé Québec. Cependant, malgré ces efforts, Marielle M’Bangha déplore l’absence d’améliorations tangibles pour les patientes qu’elle représente.

Les statistiques sont inquiétantes : seulement 36 demandes ont été faites à la banque d’interprètes au cours de l’année précédente, malgré la présence de 17 000 personnes dans la région déclarant l’anglais comme langue maternelle. Brigitte Wellens souligne que l’absence de documentation traduite pour des consentements ou des démonstrations médicales pourrait avoir des conséquences graves pour les patients, rendant inévitables des erreurs, des malentendus et des soins supplémentaires.

Au cœur de cette problématique se pose un enjeu crucial : l’accès à des soins de santé équitables et compréhensibles pour toutes les patientes, peu importe leur langue d’origine. La lutte pour des services d’interprétariat adéquats prend ici tout son sens, alors que l’expérience d’accouchement devrait être un moment de joie, et non de solitude et de désespoir.

Écrit par: Danielle Adjagboni

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