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Immigration. taux de refus «élevés» des demandes d’étudiants africains francophones.

today30/06/2022

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Les étudiants en provenance de l’Afrique francophone sont-ils devenus des persona non grata au Canada ? C’est ce que laisse penser le dernier rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration, qui évoque des «différences systémiques» et des décisions «souvent arbitraires» pour dénoncer les taux de refus «élevés» des demandes de permis d’études déposées par des étudiants africains francophones.

En effet, le taux de refus des demandes de permis d’études – tous pays confondus – a bondi au Québec. Il est passé de 36% en 2017 à 61% à 2019 alors que ce nombre est resté moins élevé dans l’ensemble du Canada. Pour les étudiants maghrébins et particulièrement sur la côte ouest-africaine francophone, les refus frôlent parfois les 100% selon les secteurs, révèlent certaines sources canadiennes.

Ce taux de refus avoisine ou dépasse allègrement les 80% pour les étudiants provenant d’Algérie, de la République démocratique du Congo, du Togo, du Sénégal ou du Cameroun, d’après des données obtenues par Radio-Canada. «A titre de comparaison, les demandes faites de France, du Royaume-Uni ou d’Allemagne sont quasiment toutes acceptées. Celles provenant d’Inde – qui ont connu un bond important au cours des dernières années – sont aussi majoritairement acceptées», précise le journaliste de Radio-Canada.

Pourquoi un tel taux de refus ? Les spécialistes pointent du doigt un système informatique nommé Chinook utilisé depuis 2018 par les agents d’Immigration Canada pour gagner du temps dans l’analyse de ces dossiers. Celui-ci résume automatiquement diverses informations du demandeur dans une feuille de calcul Excel. Dans celle-ci, Chinook note automatiquement certaines informations du demandeur, réunit d’autres dossiers sur un seul écran et met de l’avant des indicateurs de risque pour permettre à ces agents de prendre une décision finale pour tout un lot de dossiers. Un système d’intelligence artificielle, Watchtower, est également utilisé durant ce processus.

Les feuilles de calcul générées par Chinook et les notes de travail des agents ne sont pas conservées en raison de la protection de la vie privée. Elles doivent être supprimées. Du coup, il est impossible d’avoir accès aux informations mentionnées par cet outil. Bref, il s’agit d’un système qui manque de transparence et peu d’informations circulent concernant son fonctionnement, soulignent certains avocats.

Or, c’est depuis l’utilisation de cet outil que l’écart s’est creusé entre le Québec, qui reçoit majoritairement des demandes de candidats francophones, et le reste du Canada. A noter qu’il y a de fortes demandes de la part des étudiants africains francophones  pour venir au Québec.

Pour Khalid Bouksib, consultant en stratégie qui accompagne les entreprises canadiennes dans leur développement, notamment dans le recrutement de travailleurs étrangers, les raisons pour lesquelles les étudiants étrangers peuvent se voir refuser un visa pour le Canada sont nombreuses. Cependant, il estime qu’il est incompréhensible que  le nombre de refus soit beaucoup plus important parmi les étudiants francophones venant principalement d’Afrique que pour les étudiants francophones d’autres zones géographiques.

«C’est absurde au moment où les entreprises canadiennes sollicitent notre aide en tant que recruteurs, pour faire face à leurs difficultés de recrutement. En effet, chaque mois je suis sollicité par une dizaine d’entreprises canadiennes pour les accompagner dans le recrutement de travailleurs étrangers francophones, notamment dans les secteurs de l’aéronautique, l’industrie, le transport, l’hôtellerie-restauration, les IT et la construction»,  nous a-t-il expliqué.  Et de préciser : «Le réseau des étudiants est une réponse à ce problème de pénurie de main-d’œuvre. A noter que les entreprises canadiennes font pression sur le gouvernement pour faciliter la venue de travailleurs étrangers sur le territoire canadien. Une priorité est même donnée aux travailleurs francophones pour aller travailler en terre anglophone.

Pourtant, notre expert estime, au vu de la demande, que cette tendance de refus de visa se poursuivra. De plus, il pense que le Canada est une terre d’accueil, un pays tolérant, ouvert et reste confiant quant à la capacité qu’aura le gouvernement québécois, et canadien d’une manière générale, pour faciliter l’obtention de visas pour ces étudiants, et ainsi contribuer à résoudre l’immense problème de main-d’œuvre que rencontre le pays.

A rappeler que les migrants marocains vivant actuellement en Amérique du Nord ont le niveau d’éducation le plus élevé, a indiqué la dernière enquête nationale sur la migration internationale menée par le HCP. Ainsi, au moment où les migrants, sans aucun niveau d’éducation, enregistrent une proportion presque nulle (0,2%) en Amérique du Nord, ils sont proportionnellement importants dans les nouveaux pays européens d’immigration (16,2%).

A l’autre extrémité, le niveau supérieur est beaucoup mieux représenté parmi les migrants d’Amérique du Nord, 76% contre 48,9% pour les anciens pays européens d’immigration, 28,4% pour les pays arabes et 10,9% pour les nouveaux pays européens d’immigration.

Ainsi, les compétences marocaines sont drainées relativement plus par le Canada et les Etats-Unis d’Amérique et en second lieu par les anciens pays européens d’immigration (France, Belgique, Pays-Bas et l’Allemagne).

«L’attrait de l’Amérique du Nord sur nos compétences nationales trouve son explication dans l’environnement professionnel aux Etats-Unis et au Canada. Ceci d’autant plus que les politiques migratoires de ces pays cherchent des profils très pointus et filtrent les candidats à l’immigration dans ces pays», a conclu Mohamed Khachani, académicien spécialiste des questions migratoires.

Source: Libération

Written by: C2D


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