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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today23/12/2025
Les nouvelles restrictions fédérales accentuent la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs municipalités nordiques de la Colombie-Britannique.

Les récentes restrictions imposées au Programme des travailleurs étrangers temporaires commencent à se faire sentir dans le Nord de la Colombie-Britannique. Dans plusieurs petites municipalités déjà confrontées à un manque criant de main-d’œuvre, des chefs d’entreprise tirent la sonnette d’alarme, notamment dans le secteur de l’hôtellerie, fortement dépendant de ces travailleurs.
Dans son budget fédéral 2025, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé une réduction du nombre d’admissions de travailleurs étrangers temporaires à l’échelle du pays. Une décision qui, selon des acteurs économiques du Nord, ne tient pas compte des réalités des régions éloignées.
À Prince Rupert, où se situe le troisième plus important port du Canada, la situation est particulièrement préoccupante. La population y stagne et le bassin de travailleurs locaux demeure insuffisant pour répondre aux besoins des entreprises.
« Nous avons organisé plusieurs foires de l’emploi », explique John Farrell, directeur général de Community Futures, un organisme à but non lucratif qui accompagne les petites entreprises de la région. « Nous préférons recruter localement, mais il n’y a tout simplement pas de main-d’œuvre locale à embaucher », ajoute-t-il.
Selon lui, les politiques migratoires actuelles devraient être mieux adaptées aux réalités des communautés isolées et nordiques, où l’immigration temporaire joue un rôle clé dans la survie économique.
Prince Rupert est loin d’être un cas isolé. D’autres municipalités du Nord, notamment Fort Nelson et Prince George, ont également exprimé leurs inquiétudes face à la diminution des admissions de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux. Ces restrictions ont déjà des conséquences concrètes. Le Collège Coast Mountain a notamment dû fermer l’un de ses campus, faute d’un nombre suffisant d’étudiants, une décision directement liée à la baisse des inscriptions d’étudiants étrangers.
Un appel à l’action des entreprises locales : face à cette situation, John Farrell exhorte les entreprises locales à se mobiliser. Il les encourage à interpeller leur député, Ellis Ross, afin qu’il réclame une exemption pour les communautés isolées et nordiques dans le cadre des réductions prévues par Ottawa.
Pour les acteurs économiques du Nord, sans ajustement des politiques migratoires, la vitalité et la survie de nombreuses entreprises demeurent menacées.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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