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Immigration Canada : du Cameroun à Baie-Comeau en passant par Kuujuaq, l’histoire émouvante de Valérie Kouangue Djapa

today20/01/2023

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Immigration Canada : du Cameroun à Baie-Comeau en passant par Kuujuaq, l’histoire émouvante de Valérie Kouangue Djapa

Rebâtir sa vie dans un pays loin de la terre de ses ancêtres, Valérie Kouangue Djapa l’a fait dans l’espoir de retrouver le bonheur et une vie meilleure que celle qu’elle vivait au Cameroun.

C’est en mars 2016 que Valérie Kouangue Djapa arrive à Montréal au Canada. Elle, n’y a pas trouvé son bonheur et n’y est pas restée longtemps. « C’était compliqué, il y avait trop de solitude. La solidarité qu’on retrouvait en Afrique, je ne la trouvais pas à Montréal. Je ne trouvais pas ma place professionnellement. Au Cameroun, j’étais cadre d’entreprise et ici, je me retrouvais dans les entrepôts, avec des bottes et des lunettes de sécurité, à porter des cartons… ». Une réalité partagée par la plupart d’immigrants qualifiés venus d’ailleurs et une aberration en cette période marquée par une pénurie de main d’œuvre qui fragilise nombre d’entreprises.

Plutôt que de se laisser miner le moral, Valérie se met en tête que son bonheur est peut-être hors des frontières du Montréal, une ville où chacun semble vivre pour soi-même. « Je ne voulais pas rester à Montréal, je ne trouvais pas de travail où on reconnaissait mes compétences… Il fallait toujours avoir une expérience préalable au Québec, mais personne ne voulait me permettre d’avoir cette première expérience ! ». Valérie va s’inscrire à tous les programmes destinés aux nouveaux arrivants. Là, elle devine que les opportunités seront peut-être meilleures ailleurs. « On est allé dans plusieurs régions, dans le Nord, en Gaspésie, sur la Côte-Nord… Je trouvais l’accueil très différent, plus chaleureux. J’ai commencé à chercher un emploi un peu partout en région et la première offre que j’ai eue venait de Kuujuaq. Après plusieurs étapes d’entrevues, je suis allée voir. Et je me suis dit « pourquoi pas ? », rigole la belle Camerounaise aux tresses colorées de rouge festif.

Kuujuaq, c’était « loin de toutes les embrouilles, du trafic, des mauvais tempéraments », résume-t-elle en riant. « Il y avait une certaine solitude aussi, mais davantage de solidarité… J’ai créé des liens, il y avait quelques Africains, d’autres communautés, les Autochtones… Quand on arrive dans un milieu, il y a des hauts et des bas, mais j’avais trouvé mieux qu’à Montréal. J’avais enfin un travail dans mon domaine ! ». La vie aurait pu suivre son cours dans les grandes prairies glacées du Nunavik, mais c’était sans compter un coup de cœur pour… Baie-Comeau ! Nous y reviendrons.

Au Cameroun, Valérie a étudié la comptabilité. Sa propre expérience, et celles de quelques-uns de ses amis et de ses proches, l’ont toutefois incitée à profiter de la pandémie pour suivre une formation de consultante réglementée en immigration canadienne. Depuis l’obtention de ce certificat et de son permis d’exercer la profession, elle est inscrite au registre québécois des consultants en immigration et commissaire à l’assermentation pour le Québec et pour l’extérieur du Québec.

Dans ce domaine, les arnaqueurs rôdent. Valérie, bien placée pour le savoir, veut aider à démêler le vrai du faux et offrir un accompagnement honnête à ceux qui rêvent d’une vie meilleure au Canada. « Un de mes frères a immigré ici. Ça a été extrêmement long et tout ce temps, on a donné une somme d’argent phénoménale à quelqu’un qui prétendait nous aider… ». Les immigrants qui rêvent d’une nouvelle vie sont souvent prêts à tout, et malheureusement, certains esprits mal tournés en profitent pour s’enrichir.

Avec sa propre petite entreprise, Vi2Vals Immigration, Valérie donne un important coup de pouce avec toute la paperasse qu’exige l’immigration pour ceux qui vivent encore à l’extérieur du Canada ou un changement de statut pour ceux qui y sont installés. « J’ai des clients qui sont résidents temporaires et qui veulent devenir permanents, des résidents permanents qui veulent obtenir la citoyenneté, par exemple », explique-t-elle. Elle accompagne également des étudiants et des travailleurs, qui disposent des permis temporaires, ouverts ou fermés.

Parmi les conseils qu’elle donne à ceux qui lorgnent vers le Canada, la patience est en tête de liste. « En tant qu’immigrant, il faut avoir le mental fort. Tout ne va pas fonctionner du premier coup et il faut accepter la situation. Tu peux décider de tout abandonner, mais il faut être objectif et qu’importe les épreuves, il faut être prêt à faire face et ne pas perdre l’objectif de vue. Il faut être patient ! »

La partie plus officieuse, mais tout aussi importante, de son travail est d’atténuer le choc lié au changement. « On fait des séances de coaching. Comment on se prépare à l’arrivée ? Qu’est-ce qui attend les gens ici par rapport au milieu du travail, à la vie quotidienne ? Quelles sont les ressources ? » Elle a récemment ajouté un volet à ses services, soit l’accompagnement des entreprises pour le recrutement à l’international.

Valérie préfère ne pas se prononcer sur la loi 96 et sur l’intention du gouvernement québécois de viser une immigration 100 % francophone. « L’immigration, ce n’est pas un droit, c’est un privilège. Chaque pays fonctionne selon son système, fixe ses règles. Ça va en arranger certains et pas d’autres. Il faut s’adapter. En tant que professionnel, je sais que tout ce qui touche l’immigration bouge beaucoup. Il y a tout le temps des nouveautés dans la pratique et la réglementation. »

Un amour pour Baie-Comeau

La pandémie a ramené Valérie et sa famille temporairement de Kuujuaq à Montréal. Puis, l’envie d’écrire une nouvelle page les a incités à lorgner vers de nouveaux horizons. Baie-Comeau est apparu dans le faisceau du radar. « J’avais un ami ici avec qui je suis allée à l’école. Par pur hasard, quand on est déménagé, mon mari a retrouvé un ami camerounais qu’il avait perdu de vue depuis des années ! On a été accueilli de façon incroyable… On a rencontré le maire, le député, la chambre de commerce… Et tout s’est précipité », rigole Valérie.

L’organisme Émersion, via son volet Manicouagan Interculturelle, l’a accompagnée dans ses démarches d’entrevue quand elle était en recherche d’emploi. Son conjoint a fait une formation qui lui a permis de trouver un emploi au sein d’une société d’Etat. Un appartement s’est libéré. Ils y sont bien installés et le sapin trône dans le salon. Sur les murs, de l’artisanat africain côtoie des photos du grand Nord. Des jouets d’enfants colorent encore davantage le décor. « L’accueil ici est très adéquat ! Émersion nous a vraiment beaucoup aidés », salue Valérie.

Tisser des liens

À date, Valérie Kouangue Djapa se sent chez elle à Baie-Comeau et elle a envie de s’impliquer dans une jeune organisation, intitulée ‘‘le Regroupement Multiculturel Manicouagan’’, qui vise à créer la rencontre entre les nouveaux arrivants et les résidents de Baie-Comeau. L’organisation met en place des activités parmi lesquelles, une fête tous les 7 janvier où tout le monde est convié. « L’objectif est de susciter l’inclusion des personnes qui arrivent ! C’est pour tout le monde. On veut créer des liens, car c’est ça qui va nous permettre de retenir les gens ici. »

Parmi les actions du regroupement, l’on a la mission d’accueil d’Émersion qui est hyper complémentaire. D’après Valérie : « Nous sommes des personnes issues de l’immigration, nous avons déjà de l’expérience… Nous pensons que ça prend des personnes qui sont passées par là pour comprendre la réalité, rassurer ceux qui ont des moments plus difficiles. L’événement des 7 est aussi pour sortir les gens de la solitude, surtout après le temps des Fêtes, où plusieurs sont nostalgiques du pays. Il va y avoir de la musique, de la danse, on va s’amuser ! ».

Le regroupement organise également des parties de soccer auxquelles ‘‘natifs’’ et ‘‘néos’’ sont conviés. « La volonté est de nous réunir, toutes nos actions sont ouvertes à tous ! Les gens ont souvent de la gêne, mais c’est pour tout le monde. Avoir des amis, c’est ce qui fait qu’on s’attache. Moi, je veux rester à Baie-Comeau parce que j’ai rencontré des gens, j’ai une communauté ! »

Raphael Mforlem, Troc Radio Canada.

Written by: Raphael Nforlem


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