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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today05/03/2025
Le spectre du cancer du sein pèse particulièrement sur les femmes noires, confrontées à un risque accru de développer cette maladie à un âge précoce. Kwaku Ayisi, chercheur à l’Université de Regina, se penche sur cette réalité alarmante, fruit d’expériences personnelles tragiques, notamment la perte d’une amie à cause de cette maladie avant l’âge de 40 ans.

Les résultats de ses recherches révèlent que les taux de mortalité liés au cancer du sein sont non seulement élevés, mais aussi particulièrement inégaux. Malgré une incidence de cancer similaire entre les femmes noires et blanches, les chiffres montrent un taux de mortalité supérieur de 40 % chez les femmes noires. De plus, celles de moins de 50 ans présentent des cancers plus agressifs et un taux de mortalité deux fois plus élevé que celui de leurs homologues blanches.
Ces disparités sont largement attribuées à des obstacles systémiques, incluant des barrières linguistiques, des croyances culturelles et un manque d’informations sur la maladie. Une récente étude de la Société canadienne du cancer souligne que les femmes noires sont souvent diagnostiquées à un stade avancé de la maladie et présentent plus fréquemment le cancer du sein triple négatif, une forme difficile à traiter.
Face à ces défis, la Saskatchewan a annoncé une évolution encourageante dans le dépistage du cancer du sein : le seuil d’admissibilité pour les mammographies sera progressivement abaissé de 50 à 40 ans. Cependant, le ministère de la Santé a souligné que l’ethnicité ne sera pas un facteur pris en compte dans ces critères de dépistage.
Kwaku Ayisi appelle à inclure l’origine ethnique dans l’analyse des données sur le cancer du sein afin de mieux orienter les politiques de santé. Il plaide pour une sensibilisation accrue sur les spécificités de la maladie chez les femmes noires, préconisant des campagnes informatives pour promouvoir le dépistage précoce.
Le témoignage de Sonia Reid, professeur de chant en Saskatchewan, illustre l’importance vitale du dépistage. Éprouvant l’angoisse d’un diagnostic possible, elle évoque sa détermination à se faire dépister et l’importance cruciale d’un diagnostic précoce. « Je ne veux pas entendre : ‘Je ne savais pas jusqu’à ce qu’il soit trop tard’ », déclare-t-elle, soulignant que l’accès aux informations et aux soins peut transformer le parcours de santé des femmes noires.
Kwaku Ayisi et Sonia Reid concordent sur un point essentiel : informée et proactive, chaque femme a le droit de prendre en main sa santé, de sortir de l’ombre et d’agir face à la menace du cancer du sein. L’enjeu est clair : il est temps de briser les tabous, de surmonter les obstacles et d’ériger le dépistage précoce en une réalité pour toutes les femmes.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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