Troc radio en direct
play_arrow
TROC RADIO L’accent afro-canadien
today07/08/2025
Dans la petite municipalité de Saint-Anselme, au Québec, l’inquiétude se fait ressentir au sein de la famille Kiese Umba, face à l’expulsion imminente de Jonas Kiese Umba, un Congolais domicilié au Canada. Le 10 septembre prochain, cet homme, nouvellement père de la petite Kimia, devra quitter le territoire canadien si le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC) ne revient pas sur sa décision.
L’homme de 29 ans, marié à la Québécoise Fannie Séguin, est sous le coup d’une expulsion ordonnée à cause de ses liens avec le mouvement Bundu Dia Kongo (BDK), une organisation politico-religieuse en République démocratique du Congo. Mercredi matin, lors d’une conférence de presse, le couple, accompagné de leur avocat Me Stewart Istvanffy, a exprimé sa détresse face à cette situation, espérant que la nouvelle ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab, puisse intercéder en leur faveur.
Jonas Kiese Umba a relaté son parcours, révélant son engagement politique lors des manifestations pacifiques contre le régime de l’ancien président Joseph Kabila. “À 16 ans, sous l’influence de mes amis, j’ai pris part à des manifestations qui se sont tragiquement soldées par des répressions sanglantes”, a-t-il expliqué. En raison de ces événements, il a été contraint de fuir son pays en 2018.
Le Bundu Dia Kongo, fondé en 1969, est perçu différemment selon les opinions. Malgré la description de l’organisation comme une secte politico-religieuse par certaines sources, d’autres, comme l’avocat congolais Me Lumbala Kabeya, insistent sur son statut de parti politique non violent reconnu en RDC.
Jonas Kiese Umba a tenté d’obtenir le statut de réfugié à son arrivée en 2019, mais sa demande a été rejetée. La décision d’expulsion de l’IRCC repose sur des accusations selon lesquelles il serait membre d’un groupe désirant renverser un gouvernement par la force, ce que Me Istvanffy réfute vigoureusement. “Monsieur Kiese n’a jamais commis de crime et n’est pas un terroriste, il a simplement protesté contre un régime dictatorial”, plaide-t-il.
Le couple a récemment soumis une demande de parrainage pour une résidence permanente, mais a reçu l’ordre de quitter le Canada, malgré la présence de leur enfant canadien. Fannie Séguin, tenant leur fille dans ses bras, exprime un véritable élan de désespoir pour la justice : “Je demande un revirement de décision pour que ma famille puisse rester ensemble.”
Le maire de Saint-Anselme, Yves Turgeon, qui a vu Jonas s’intégrer pleinement dans la communauté depuis son arrivée, a également témoigné de son engagement. “C’est le comble de l’intégration”, a-t-il déclaré, en lui rendant hommage pour son apport à la chorale paroissiale.
La date limite approche avec une gravité palpable, et la famille Kiese Umba arbore l’espoir d’un changement de cap de la part des responsables canadiens. Leur appel à la clémence et à la prise en compte de la vie familiale semble être plus que jamais d’actualité dans cette situation qui met en lumière les doutes et les défis inhérents aux politiques d’immigration.
Source : Radio-Canada
Écrit par: Danielle Adjagboni
Copyright Troc Radio 2016
Commentaires d’articles (0)