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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today08/07/2025
Dans une salle bondée de Calgary, une jeune femme se tenait entourée d’individus d’origines diverses, tous sur le point de devenir citoyens canadiens. Parmi eux, elle, une Zimbabwéenne, prête à jurer allégeance à la Couronne britannique, tout en portant le poids d’un héritage colonial complexe. Ce moment, marqué par l’hymne national, aurait dû célébrer l’appartenance, mais il était teinté d’inconfort et de souvenirs douloureux.

En prêtant serment, des échos de souffrances passées resurgissaient. Les récits de l’oppression des peuples autochtones du Canada se mêlaient à ceux de son propre peuple, dont les terres avaient été arrachées au profit d’une colonisation inhumaine. Le contraste entre le « Ô Canada », un hymne doux et respectueux, et le chant de la résistance qui avait bercé son enfance reflétait l’ironie d’une identité nouvelle façonnée par des luttes anciennes.
Les regards échangés avec une camarade éthiopienne dans cette cérémonie révèlent une complicité silencieuse, mais aussi une douleur partagée : le poids de la langue anglaise, symbole d’un passé colonial, mais également outil d’intégration et de succès. En devenant citoyenne canadienne, elle ressentit à la fois la fierté d’un nouvel avenir et la lourdeur d’un héritage qui continue d’imprégner son existence.
Dans son parcours au Canada, elle s’efforce de concilier sa propre histoire avec celle des peuples autochtones. En participant à des événements commémoratifs et en s’engageant dans des actions qui valorisent l’autodétermination, elle apprend à naviguer dans ce terreau fertile où s’entrelacent espoir et douleur. La reconnaissance de la dualité de son identité devient un acte quotidien ; un équilibre précaire entre honorer ses racines et embrasser son nouveau pays.
Ainsi, chaque fois que l’hymne retentit, chaque poignée de main échangée lors de rencontres culturelles, chaque projet soutenu pour autonomiser les Autochtones redevient une méditation sur ses propres expérimentations de l’identité. Elle se demande alors : quel prix faut-il payer pour porter cette voix dans un monde où l’histoire reste un écho puissant ? Être citoyen aujourd’hui, c’est porter à la fois la lumière d’un avenir radieux et l’ombre d’un passé douloureux, dans cette quête d’un équilibre à même de révéler la complexité d’une appartenance partagée.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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