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Dynamique d’inclusion : une lutte constante entre avancées et résistances sociales

today14/07/2025

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Alors que la diversité culturelle prend de l’ampleur au Saguenay–Lac-Saint-Jean, avec plus de 3000 immigrants et un afflux croissant de travailleurs et d’étudiants étrangers, les enjeux d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) émergent comme une priorité incontournable. Jérôme Pruneau, conseiller expert en EDI, tire la sonnette d’alarme face à une réalité préoccupante : malgré les efforts déployés, les micro-agressions et les discriminations persistent dans la région.

Pruneau souligne que l’essoufflement des programmes d’EDI, allié à une progression attendue de la population racisée, requiert une action immédiate. En se basant sur des statistiques de l’agence Statistiques Canada, qui prévoient une augmentation du nombre d’immigrants d’ici 2036, il affirme : « Nous sommes à un tournant. Il est essentiel de renforcer l’EDI pour contrer ce phénomène de recul observé envers les communautés issues de l’immigration. »

Cette crainte est également alimentée par une perception déformée de l’identité québécoise, souvent associée à une image stéréotypée. Pruneau insiste sur l’importance de reconnaître l’évolution de la société québécoise : « Quand je demande à un Québécois ce que signifie être Québécois, il y a de fortes chances que son imaginaire soit limité à une personne blanche, francophone, d’origine catholique. »

L’idée d’équité, de diversité et d’inclusion, selon lui, repose sur la nécessité d’éliminer les discriminations en rétablissant un équilibre de pouvoir et en intégrant les groupes marginalisés — femmes, personnes en situation de handicap, Autochtones, et personnes racisées.

Carine Kouadio.Des voix comme celles de Carine Kouadio, étudiante à l’université du Québec à Chicoutimi, illustrent bien le malaise ambiant. Bien que sa transition ait été facilitée par la présence d’autres Ivoiriens, elle évoque des expériences douloureuses dans le monde du travail, où des attitudes non verbales transmettent des messages de rejet. L’une de ses amies a particulièrement souffert d’une remarque désobligeante sur son hygiène, révélant les préjugés ancrés dans certains comportements.

Kouadio plaide pour une meilleure indulgence envers ceux issus de la diversité : « J’aimerais que les gens soient plus patients sans coller des étiquettes à ceux qui viennent d’ailleurs. »

De son côté, Yao Quenum, originaire du Bénin, partage son expérience marquante dans un salon de quilles. Une interaction maladroite avec une employée, qui a supposé qu’il ne savait pas comment se chausser, démontre un manque d’empathie et de respect qui peut être dévastateur.

Jérôme Pruneau, conscient de cette réalité, s’engage à sensibiliser le public à travers des conférences et des ateliers. Il souligne que la résistance à changer les mentalités fait partie du problème, évoquant la notion de « fragilité blanche », qui s’exprime souvent par des réactions défensives face à des comportements inappropriés. Pour lui, contester de tels comportements est fondamental pour avancer vers une société plus inclusive.

« Il est temps d’admettre que nous avons tous des biais », conclut-il. « Chacun de nous peut contribuer à construire un Québec plus équitable et inclusif. » En ce sens, la route vers une meilleure cohabitation et une acceptation véritable de la diversité semble encore semée d’embûches, mais les voix qui s’élèvent pour défendre l’EDI sont de plus en plus nombreuses.

Écrit par: Danielle Adjagboni

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