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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today11/12/2025
En Colombie-Britannique, plusieurs membres de la diaspora soudanaise vivent dans l’angoisse pour leurs familles toujours prises dans ce que l’ONU décrit comme « la pire crise humanitaire et de déplacement au monde ».

Parmi eux, Hatim Hanafi, installé au Canada pour ses études, espère depuis deux ans pouvoir accueillir sa mère et ses frères en lieu sûr.
En avril 2023, lorsque le conflit a éclaté à Khartoum, la famille de Hatim, sa mère et ses trois frères se sont retrouvés au cœur des violences.
Pendant deux mois, ils ont tenté de se déplacer à l’intérieur du pays afin d’éviter les combats avant de finalement réussir à quitter le Soudan. Hatim décrit cette période comme « incroyablement angoissante » :
« Tu te réveilles et tu vas au lit tous les jours en étant inquiet de ce que tu entendras le lendemain, ou de ce que tu apprendras dans la prochaine heure. »
À Vancouver, il n’avait aucune certitude sur la sécurité de ses proches, alors que les médias montraient des bombardements et des civils pris pour cible.
Après leur départ du Soudan, la famille a trouvé refuge temporaire en Éthiopie pendant trois mois avant de s’installer plus longuement au Kenya.
« C’était un processus en plusieurs étapes, comme pour beaucoup d’autres », témoigne Hatim.
Depuis deux ans, Hatim Hanafi a déposé des demandes dans le cadre de la voie d’accès familiale à la résidence permanente mise en place par le gouvernement fédéral. Bien que le conflit ait éclaté en avril 2023, le programme n’a été rendu accessible qu’en février 2024.
« Dix mois… une éternité pour des gens en quête de sécurité », déplore-t-il.
Encore onze mois nécessaires avant de recevoir les premières approbations pour sa mère et l’un de ses frères. Hatim regrette la lenteur des démarches, qui selon lui ne tiennent pas suffisamment compte de la gravité de la situation sur le terrain.
Dans une réponse écrite, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) affirme poursuivre activement le traitement des demandes liées au conflit au Soudan.
Le ministère souligne que la réponse canadienne aux crises internationales est ajustée en fonction des besoins spécifiques des populations touchées. Il explique chercher d’abord à déterminer si les programmes existants suffisent ou si des mesures supplémentaires, temporaires ou permanentes, doivent être créées.
Malgré les obstacles, Hatim reconnaît que sa famille a bénéficié de circonstances relativement favorables : ils sont aujourd’hui en sécurité. Mais il insiste sur le fait que la guerre est loin d’être terminée et que ses impacts continuent de peser sur l’ensemble de la population soudanaise, tant au pays qu’au sein de la diaspora.
« Les conséquences sont encore ressenties par chaque Soudanais et Soudanaise, qu’ils soient au pays ou à l’étranger. »
Avec les informations de l’émission The Early Edition
Écrit par: Danielle Adjagboni
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