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Devenir infirmière au Québec, «un cadeau»

today27/06/2023

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Le Cégep de l’Outaouais reçoit des étudiants de l’étranger prêts à aider le réseau de la santé

Bernard Mungu de la République démocratique du Congo, Maguy Vaweka de la République démocratique du Congo et Ghada Ksouri de la Tunisie, trois des 26 étudiants de la deuxième cohorte du programme d’intégration à la profession infirmière au Québec du Cégep de l’Outaouais.

Moins de deux semaines après avoir posé le pied pour la première fois en sol canadien avec ses deux filles, Maguy Vaweka était assise dans la cafétéria du campus Gabrielle-Roy du Cégep de l’Outaouais, prête à entreprendre la formation qui lui permettra d’exercer comme infirmière au Québec. Ils sont une vingtaine comme elle à avoir récemment tout laissé derrière eux pour s’installer à Gatineau  dans ce que plusieurs qualifient de «pays de rêve»  et y atténuer, un par un, la pénurie de personnel en soins infirmiers.

Maguy Vaweka est arrivée de la République démocratique du Congo (RDC) le 6 juin, avec sa grande fille de 16 ans et sa petite cocotte de 14 mois. Cette mère monoparentale voit tout ce que lui offre le Québec comme «un cadeau» pour ses enfants et elle.

L’aide vient toutefois de partout pour faciliter l’intégration de Mme Vaweka et de ses 25 camarades de classe. Le Cégep de l’Outaouais, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration font partie d’un grand partenariat qui vise, ultimement, à garnir les trop nombreux postes vacants dans le réseau de la santé de la région.

Maguy Vaweka avait «quelques économies» avant de se lancer dans cette grande aventure. Elles ont beaucoup fondu depuis, mais le sourire et les yeux pétillants de l’infirmière ne laissent aucun doute : elle ne regrette rien du tout. Dans le cadre de sa formation qui s’échelonnera sur environ un an, elle aura droit à une allocation hebdomadaire de 500$. Des sommes sont aussi offertes aux étudiants pour le transport en commun et les frais de garderie.

La Congolaise ne pense pas retourner travailler un jour dans son pays. «Ici, il y a plus d’opportunités et on apprend beaucoup», dit-elle. Ce qui la frappe depuis son arrivée, c’est à quel point la société est «très accueillante». Elle est ébahie de voir des voitures s’arrêter pour laisser traverser des piétons. «Des fois, je me suis perdue et j’ai posé des questions et on m’a aidée», se réjouit-elle aussi.


C’est la deuxième vague d’étudiants étrangers qui débarque en Outaouais. Une première cohorte du programme d’intégration à la profession infirmière au Québec, offerte dans plusieurs cégeps, a commencé sa formation en octobre dernier. Les étudiants de ce premier groupe, pour la plupart, sont déjà en stage.

Les 26 membres de la deuxième cohorte – qui sont arrivés avec 34 enfants et parfois avec un conjoint ou une conjointe – ont eu droit à une activité d’accueil, lundi, dans la cafétéria du campus Gabrielle-Roy. Ils viennent notamment de la RDC, de la Côte d’Ivoire, du Bénin et de la Tunisie.

Ils travaillaient déjà tous en soins infirmiers avant d’atterrir au Québec. Mardi, on leur a entre autres appris qu’ils pourront travailler comme préposés aux bénéficiaires au CISSSO pendant leur formation.

«Un pays de rêve»

Chacun leur tour, ils ont pris la parole pour se présenter. Ce qui revenait très souvent dans leurs allocutions, c’était l’espoir associé au fait de vivre au Canada. «Je n’ai pas hésité parce que pour moi, le Canada, c’est un pays de rêve», a dit l’un d’eux.

Il y a bien souvent des considérations familiales, pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants, mais aussi des incitatifs professionnels grâce à la technologie offerte dans les plateaux techniques des milieux de soins.

Ils veulent parfaire leurs connaissances, mais aussi en faire profiter la société québécoise. «Vous ne serez pas déçus de nous», a lancé un infirmier congolais.

Plusieurs étudiants ont aussi été surpris de voir le directeur général du Cégep de l’Outaouais, Steve Brabant, venir à leur rencontre. «Chez nous, ce n’est pas comme ça», a souligné un étudiant.

M. Brabant a tenu à saluer le «courage» dont font preuve ces étudiants en quittant leur pays pour venir en aide au système de santé québécois. «On est là pour vous appuyer dans chacune des étapes de cette aventure-là», a-t-il assuré, avant de leur lancer à la blague qu’il y aurait une bordée de neige le lendemain.

Myriane Delore Matuedjo, qui était de la dernière cohorte, a fait fi de l’hiver et elle en a discuté avec les futurs étudiants étrangers.

La neige, Maguy Vaweka avoue qu’elle en a un peu peur. Elle n’en a jamais vu «en vrai». Une étudiante de la première cohorte, Myriane Delore Matuedjo, a d’ailleurs affirmé avoir été confrontée à «un froid pas possible», l’automne dernier. Même si tout le processus qu’elle a vécu n’est «pas facile du tout», ça en vaut grandement la peine, a-t-elle ajouté.

La formation

Le directeur de la formation continue et du service aux entreprises au Cégep de l’Outaouais, Steve Douville, a expliqué au Droit qu’au terme de leur formation, les étudiants auront «l’obligation de travailler pendant une certaine période de temps dans la région».

Si le CISSSO collabore pour dénicher des places de stages, la recherche de places en garderie et la quête de logements sont «les deux gros défis» d’un tel projet, a fait savoir M. Douville.

Conseillère pédagogique au Cégep, Hélène Simard a expliqué que la formation permet notamment aux étudiants d’apprivoiser les méthodes et procédures appliquées en soins infirmiers en sol québécois. «Il y a des différences surtout au niveau de la médication», dit-elle. Il y a également beaucoup de «paperasse» à remplir pour assurer une bonne prise en charge des patients, a ajouté Mme Simard.

Le Devoir

Written by: C2D

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