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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today27/03/2025
Lors du Mois de la francophonie, des ambassadeurs du monde entier ont appelé à une réévaluation urgente de la reconnaissance des diplômes étrangers en Ontario, soulignant les défis majeurs que rencontrent les immigrants qualifiés. Lors d’une conférence au Club canadien de Toronto, Bafétigué Ouattara, ambassadeur de la Côte d’Ivoire, a dressé un constat amer : « L’immigration telle qu’elle est pratiquée est un échec à tous les niveaux. » Il a mis en lumière le paradoxe d’un système qui recrute des professionnels hautement qualifiés tout en entravant leur intégration dans le marché du travail canadien.

Selon lui, cette problématique entraîne une « perte » significative, tant pour les pays d’origine, qui investissent massivement dans la formation, que pour le Canada, qui perd l’expertise de ces professionnels. Il a critiqué le fait que des médecins compétents se retrouvent contraints d’exercer des emplois non qualifiés, comme chauffeur chez Uber, en raison de la non-reconnaissance de leurs diplômes.
Les histoires d’immigrants frustrés par cette situation se multiplient en Ontario. La province a néanmoins tenté d’introduire certaines mesures d’intégration, comme l’embauche directe des diplômés de l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation en France, évitant ainsi le processus traditionnel d’agrément. De plus, la province a lancé le programme Practice Ready Ontario, visant à attirer des médecins dans des régions rurales et dans le Nord.
Gorgui Ciss, ambassadeur du Sénégal, plaide pour une coopération accrue avec les autres provinces, en particulier avec le Québec, pour établir des normes d’harmonisation des qualifications. Il a salué l’importance de faire connaître l’Ontario comme une terre d’accueil pour les immigrants francophones, tout en soulignant que de nombreux talents issus de la diaspora restent davantage concentrés au Québec.
Patrick Van Gheel, ambassadeur de Belgique et président du groupe des ambassadeurs francophones à Ottawa, a également partagé son point de vue. Il a insisté sur le fait que certaines provinces, dont l’Ontario, sont plus réceptives que d’autres en matière d’intégration des immigrants. « C’est surtout le Québec qui est réticent, ce qui nous arrange bien », a-t-il déclaré, soulignant les efforts de la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, pour promouvoir la reconnaissance des diplômes.
Michel Miraillet, ambassadeur de France, a complété ce tableau en évoquant la nécessité d’une réforme plus large pour attirer les talents français en Ontario. Il a plaidé pour un système de reconnaissance qui garantisse que les diplômes étrangers, comme ceux des médecins formés en France, soient acceptés, à l’instar de ce qui se pratique en Europe.
Le chemin vers une meilleure intégration des immigrants qualifiés en Ontario semble encore semé d’embûches, mais les ambassadeurs restent déterminés à porter cette question cruciale sur la scène politique et sociale, convaincus qu’une évolution du système permettra d’améliorer l’attractivité de la province pour les professionnels du monde entier.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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