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TROC RADIO L’accent afro-canadien
À Sudbury, l’école secondaire francophone Cap sur l’Avenir, du Conseil scolaire du Grand Nord, se distingue par son approche innovatrice qui accompagne des élèves aux parcours parfois bouleversés. De la 9ᵉ à la 12ᵉ année, l’établissement accueille de jeunes issus de milieux variés, souvent confrontés à des défis personnels, linguistiques ou culturels.
Arrivée du Cameroun à 15 ans, Lienou Megain Ruane Olivia incarne l’une de ces histoires de résilience. Le changement de pays, de langue et de culture a été un véritable choc.
« À mon arrivée, je me suis renfermée. Je suis devenue timide. L’école, les cours… j’en pouvais plus », confie-t-elle.
Le français canadien, différent de celui qu’elle maîtrisait, et l’attention soutenue des enseignants l’ont d’abord déstabilisée.« Dans mon pays, ce n’est pas la même énergie. Ici, les professeurs venaient tout le temps : “Est-ce que ça va ? Pourquoi tu es comme ça ? », raconte-t-elle.
Malgré tout, Olivia puise sa force dans sa famille, ses amis et son ambition de décrocher son diplôme. Elle se dit reconnaissante d’évoluer dans une école qui l’encourage.
« Je me dis souvent : Olivia, t’es dans une autre ville, nouvelle langue… tout va bien se passer. Crois en toi, tes parents ont confiance en toi. Tu peux y arriver. »
Pour Jocelyn Auger, psychoéducateur, les élèves comme Olivia sont nombreux : certains vivent avec des enjeux de santé, d’autres avec un TDAH ou encore un choc culturel marqué. Sans soutien adapté, ils risquent de se retrouver en marge du système classique. Il appelle les parents et les éducateurs à ne pas réduire leurs attentes :
« Des fois, quand quelqu’un est démotivé, on baisse nos exigences. Mais ça peut être une erreur. L’engagement scolaire est très lié à la motivation. ». Selon lui, la clé se trouve dans la construction d’un objectif de vie clair :
« Qu’est-ce qui attirerait l’élève après le secondaire ? Quels sont ses buts ? »
À Cap sur l’Avenir, la directrice Lynn Tellier insiste sur l’importance d’une approche humaine et proactive.
« Ce sont des élèves qui ont eu de grosses difficultés. Lorsqu’on peut les appuyer et changer leur chemin de vie pour qu’ils se sentent acceptés, ça me touche beaucoup », souligne-t-elle. Répondre aux besoins variés représente un défi constant, mais elle estime essentiel de mettre en lumière les réussites, petites ou grandes.
« C’est important de raconter leurs histoires pour montrer la vraie résilience que nos élèves peuvent atteindre. »
Écrit par: Danielle Adjagboni
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