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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today16/06/2025
L’accès à une alimentation culturelle familière pourrait jouer un rôle clé dans l’amélioration de la santé mentale des immigrants au Canada, selon Silvia Odhiambo, une étudiante en maîtrise à l’Université de l’Alberta. En lançant une étude soutenue par une bourse du groupe Maple Leaf Foods, elle cherche à comprendre les impacts de l’insécurité alimentaire, particulièrement chez les jeunes.

Les immigrants, souvent confrontés à des défis multiples dans leur nouveau pays, souffrent fréquemment d’insécurité alimentaire, un facteur influençant leur bien-être mental. Odhiambo souligne : « L’insécurité alimentaire demeure un problème de santé mentale auquel il faut s’attaquer. » Une synthèse publiée en mai par l’École de santé publique de l’université a révélé que les événements traumatisants vécus dans les pays d’origine exposent les immigrants à un risque accru de détérioration de leur santé mentale.
Les jeunes, les femmes enceintes, les réfugiés et les personnes à faible revenu sont les plus vulnérables, confrontés à des obstacles pour s’intégrer dans la société et retrouver une stabilité. « Si vous ne mangez pas adéquatement, cela affecte votre fonctionnement et tout le reste », rappelle Odhiambo.
L’épicerie locale, Tropical House Food Market, dirigée par Luki Nganda, offre un éventail de produits alimentaires importés d’Afrique, permettant aux immigrants de retrouver leurs racines culinaires. Nganda souligne l’importance de la nourriture dans la culture : « On voulait recréer les traditions et les cultures africaines. » « C’est important, car quand on mange, on mange aussi selon sa culture, et on doit être heureux quand on mange. »
Le propriétaire de Tropical House, également directeur du centre de bien-être et de prévention pour Afro-Canadiens de l’Alberta, évoque le lien entre alimentation et santé : « Bien manger aide à la santé mentale, car ça crée une bonne humeur, un sentiment de satisfaction ; ça enlève le stress. » Des études corroborent cette vision, établissant un lien entre une nutrition adéquate et la prévention de diverses maladies.
Odhiambo est persuadée que le Canada doit encore progresser pour améliorer l’accès à des aliments culturellement pertinents pour les immigrants. Son étude, prévue sur un an, examinera les défis actuels et proposera des solutions concrètes. Notamment, il sera question de la création de marchés et de programmes communautaires favorisant l’accès à une nourriture adaptée à leurs cultures, tout en cherchant à lever les barrières qui limitent cet accès.
Ainsi, l’espoir demeure que, par le biais de recherches et d’initiatives communautaires, l’insécurité alimentaire chez les immigrants pourra non seulement être mieux comprise, mais également atténuée, ouvrant la voie à un bien-être mental plus solide et ancré dans la diversité culturelle du Canada.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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