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TROC RADIO L’accent afro-canadien
Du 21 décembre au 18 janvier, alors que le Maroc accueillera la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, la 35ᵉ édition du tournoi biennal de football des associations africaines.

Vingt-quatre équipes prendront part à cette grand-messe du football africain. Un détail retient toutefois l’attention : 16 sélections arborent un surnom inspiré du règne animal, un héritage profondément ancré dans les cultures du continent.
Lions, Aigles, Éléphants, Léopards ou Fennecs fouleront les pelouses marocaines, bien au-delà d’une simple métaphore sportive.
Selon Adib Bencherif, professeur adjoint en sciences politiques à l’université de Sherbrooke et spécialiste de l’Afrique, ces surnoms renvoient à des totems culturels, historiques ou spirituels. « Ces noms sont souvent liés à la culture, à l’histoire du pays, à des croyances ou à la symbolique d’anciennes cités », explique-t-il.
« L’aigle fait référence à la civilisation carthaginoise de l’Antiquité, basée principalement sur le territoire tunisien. Il y a une forme de prestige associée à cette symbolique », précise M. Bencherif.
En Côte d’Ivoire, l’éléphant incarne la puissance. En Algérie, le fennec symbolise l’adaptabilité dans un environnement hostile. Au Burkina Faso, les Étalons sont associés à la protection contre le mauvais sort. « Ces appellations nourrissent un sentiment d’appartenance et d’identité au sein des communautés africaines », souligne le politologue.
Ive Archil Tchinda, résident de Windsor et originaire du Cameroun, se retrouve pleinement dans les Lions indomptables: « Ils représentent la capacité à ne jamais lâcher, à rester conquérants jusqu’au bout. Les Lions indomptables savent toujours nous rendre heureux malgré les péripéties. » « Si vous avez une image du lion dans la savane, alors vous comprendrez pourquoi nous sommes les meilleurs. »
Du côté marocain, Mustapha Hamil, professeur associé à l’université de Windsor, voit dans les Lions de l’Atlas un symbole de dignité nationale. « On joue pour la dignité de l’équipe nationale. On s’affirme par le jeu comme une autorité sur le terrain. »
En République démocratique du Congo, le surnom des Léopards est perçu comme une responsabilité collective, selon Kablé Ilunga: « Cela met une pression sur le peuple et sur les joueurs, parce qu’il faut toujours donner le meilleur de soi. » Demi-finaliste lors de la dernière CAN, la RDC pourrait d’ailleurs créer la surprise au Maroc, estime-t-il.
Les Aigles représentent notamment la Tunisie, le Nigeria et le Mali. Les Lions sont portés par le Maroc, le Sénégal et le Cameroun. « Le lion peut symboliser l’hospitalité au Sénégal, alors qu’au Cameroun, il renvoie davantage au prestige et à la domination », explique Adib Bencherif.
Changer de surnom pour changer de mentalité, certaines sélections ont même revu leur identité ; le Bénin, autrefois surnommé les Écureuils, a adopté en 2002 le nom des Guépards. « L’Écureuil est vif et malin, mais il renvoyait à une image peu imposante face aux autres équipes africaines », explique M. Bencherif.
Pour Hervé Mility, ancien entraîneur de jeunes à North Bay, le changement était nécessaire. « L’écureuil ne fait pas peur. C’est aussi psychologique et mental. Battre une grande équipe devient alors une surprise. »
Les Lions indomptables du Cameroun, par exemple, ont connu leurs plus grands succès ces dernières décennies, après des périodes plus difficiles dans les années 1970 et entre 1990 et 2000.
Sur le plan du palmarès, l’Égypte domine la CAN avec sept titres. Fait notable : les pharaons ne portent pas un surnom animal, mais une référence historique associée au pouvoir et à l’autorité. Le Cameroun suit avec cinq trophées.
Avec les informations de Jean Didier Ogobani
Écrit par: Danielle Adjagboni
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