play_arrow

keyboard_arrow_right

skip_previous play_arrow skip_next
00:00 00:00
chevron_left
volume_up
chevron_left
  • play_arrow

    Troc radio en direct

  • cover play_arrow

    TROC RADIO L’accent afro-canadien

À la Une

Bas-Saint-Laurent : l’humain au cœur de l’accueil

today06/01/2026

Arrière-plan
share close

Depuis près de six mois, Simon Riendeau et Baye Cheikh Mbaye partagent bien plus qu’une passion pour le soccer. Les deux pères de famille ont développé une relation forte grâce au programme de jumelage interculturel de l’organisme Accueil et Intégration BSL (AIBSL), une initiative qui vise à briser l’isolement des nouveaux arrivants et à créer de véritables liens humains.

Portrait de Baye Cheikh Mbaye et Simon Riendeau dans un gymnase où ils jouent au soccer.

Simon Riendeau, médecin omnipraticien originaire du Québec, et Baye Cheikh Mbaye, biologiste chez Pêches et Océans Canada originaire du Sénégal, se sont rencontrés lors d’une sortie à la cabane à sucre au printemps 2024. Le courant est rapidement passé entre les deux familles.

Les enfants de Baye, âgés de 5 et 7 ans, et ceux de Simon, âgés de 6, 8 et 10 ans, ont tout de suite trouvé des affinités. À la suite de cette première rencontre, les deux pères ont été officiellement jumelés par AIBSL.

Leur premier rassemblement officiel s’est tenu autour d’un repas typiquement sénégalais : un tiep bou djen, un plat traditionnel à base de riz et de poisson ou de viande. « C’est une belle activité qui prend du temps, donc on a pu discuter et vraiment apprendre à se connaître », explique Baye Cheikh Mbaye. Depuis, les occasions de se retrouver se sont multipliées : matchs de soccer improvisés, sorties familiales et même une escapade hivernale près de Québec pour glisser sur des tubes… dont le retour, en pleine tempête de neige, est resté mémorable.

« Le retour à Rimouski a été très stressant », se souvient Simon, les mains crispées sur le volant, roulant à très faible vitesse. Ces souvenirs partagés illustrent parfaitement l’objectif du programme de jumelage interculturel d’AIBSL. « On utilise le mot jumeau parce qu’on veut donner le sentiment de frères et sœurs. L’objectif est de sortir de l’isolement, de favoriser l’intégration et de déconstruire les tabous », explique Jinny Ross, responsable du jumelage interculturel et du bénévolat.

Aucune description de photo disponible.Le programme a vu le jour dans un contexte bien précis. En 2017, Rimouski est devenue une ville d’accueil de réfugiés, entraînant une augmentation significative de la population immigrante dans la région. « Les services d’AIBSL se sont élargis pour répondre à cette nouvelle réalité », rappelle Maguette Gueye, agent de jumelage interculturel.

Concrètement, les jumelages reposent sur des engagements simples. « On demande au jumeau accueillant de prendre des nouvelles aux deux semaines, soit par un appel ou une petite activité », précise Jinny Ross.

Pas besoin de grands déplacements : regarder un coucher de soleil, boire un thé, visiter la bibliothèque municipale ou simplement discuter suffisent à créer un lien. En 2025, une vingtaine de jumelages interculturels ont vu le jour. AIBSL espère en créer cinq autres durant l’hiver 2026. « Nous, on crée les conditions pour que ça ait lieu », souligne Maguette Gueye.

L’organisme organise également une dizaine d’activités collectives par année ,bingo, quilles, repas-partage, randonnées ou sorties culturelles , ouvertes tant aux nouveaux arrivants qu’aux citoyens de Rimouski-Neigette et de la Mitis.

Le jumelage dure généralement un an, mais certaines relations perdurent bien au-delà. C’est le cas pour Simon et Baye. Simon a été particulièrement touché par l’invitation de Baye à participer au Grand Magal, l’une des fêtes les plus importantes de la communauté sénégalaise à travers le monde. « Le fait d’avoir connu Simon et sa famille a été une chance pour nous de mieux découvrir le Québec », confie Baye Cheikh Mbaye.

Les deux familles ont même fait du camping ensemble sur l’île aux Lièvres l’été dernier, pour le plus grand bonheur des enfants. « Les filles, on ne les voyait plus. Elles inventaient des jeux entre la plage et la forêt », raconte Simon avec le sourire.

Écrit par: Danielle Adjagboni

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%