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Aristote Kavungu sacré au Prix Trillium 2025 pour un essai percutant sur Céline et la négrophobie

today20/06/2025

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L’écrivain et essayiste Aristote Kavungu a remporté le prestigieux prix littéraire Trillium 2025 en langue française pour son essai engagé Céline au Congo, publié aux Éditions du Boréal. Lors d’une soirée de gala tenue à la bibliothèque de référence de Toronto, l’auteur a été honoré pour un ouvrage aussi courageux que nécessaire, qui interroge les zones d’ombre du célèbre écrivain Louis-Ferdinand Céline.

Céline au Congo

Le rideau est tombé mercredi soir sur l’édition 2025 du prix Trillium, et c’est le nom d’Aristote Kavungu qui a résonné dans les murs feutrés de la Bibliothèque de référence de Toronto. Face à 15 autres finalistes, dont huit auteurs francophones, l’écrivain, scénariste et professeur a su se démarquer grâce à Céline au Congo, un essai littéraire percutant et lucide.

« J’écris parce qu’il y a en moi un enfant qu’il est urgent de sauver », confie Kavungu, fidèle à une écriture profondément habitée. Avec Céline au Congo, l’auteur se confronte à une figure littéraire aussi admirée que controversée : Louis-Ferdinand Céline. Dans ce texte, il dénonce l’antisémitisme bien connu de Céline, mais surtout la négrophobie trop souvent ignorée de l’écrivain français.

Kavungu ne s’attaque pas uniquement à Céline, mais aussi à une certaine hypocrisie française : celle de condamner bruyamment l’antisémitisme, tout en occultant le racisme envers les Noirs. « C’est une victoire qui me fait plaisir, car ça montre que ce prix consacre une certaine façon d’écrire », a-t-il déclaré au micro d’ONFR.


Dans une prose à la fois critique et passionnée, Kavungu mêle son héritage africain, son vécu en France et au Canada, et sa fascination douloureuse pour l’auteur de Voyage au bout de la nuit. « J’ai décidé de l’écrire en utilisant ma passion pour Céline et ma détestation pour l’homme qu’il était », explique-t-il. Une démarche qui relève presque du double hommage : au génie littéraire, mais aussi à la mémoire occultée des victimes du racisme.

L’essai revisite les pamphlets antisémites de Céline, mais aussi Voyage, où, selon Kavungu, « le racisme est tout aussi présent, sauf que personne ne l’avait vu ». Il pointe les phrases glaçantes, comme « J’aime pas les nègres hors de chez eux… c’est tout », qu’il lit comme une variation romanesque du slogan xénophobe « La France aux Français ».

Avec une plume acérée, l’auteur congolais rend visible une violence refoulée. Il ne s’agit pas simplement de dénoncer, mais de rétablir une vérité oubliée. « J’ai lu, relu, aimé, détesté, compris, imploré, questionné Céline », confie Kavungu, qui dit écrire « du point de vue d’un Noir africain que les écrits de Céline n’ont jamais laissé indifférent ».

Ce prix Trillium 2025 vient saluer une œuvre littéraire ambitieuse, mais aussi une voix lucide et courageuse. Une voix qui, par-delà les continents et les époques, refuse l’oubli et réclame justice dans les marges du récit national.

 

Écrit par: Danielle Adjagboni

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