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today05/06/2025
Dans un appel pressant adressé au gouvernement fédéral, le milieu des affaires de la grande région de Québec exprime son inquiétude face aux nouvelles restrictions imposées aux permis de travail post-études pour les étudiants internationaux. Cette situation pourrait compromettre la formation de la main-d’œuvre essentielle pour répondre aux besoins économiques de la région.

Marie-Josée Morency, PDG de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis, souligne que ces mesures, applicables depuis 2024, commencent déjà à avoir des répercussions notables dans les centres de formation professionnelle (CFP). « Les entreprises doivent faire face à des retards, à une pression accrue sur leurs équipes et à des occasions d’affaires manquées », déplore-t-elle. Avec un taux de chômage de seulement 3,2 % en avril dans la région de Chaudière-Appalaches, Morency insiste sur la nécessité d’adapter les politiques en fonction des réalités régionales, déclarant : « Nous ne pouvons pas continuer à faire du mur-à-mur comme si les besoins de Montréal étaient les mêmes que ceux de Lévis ou de la Beauce. »
Une étude menée par Éducation internationale révèle que 82 % des CFP constatent une baisse des inscriptions d’étudiants internationaux, avec une diminution de plus de 25 % pour la moitié d’entre eux. Ces restrictions nuisent au recrutement de nouvelles cohortes : « Lorsqu’une cohorte ne démarre pas, ce sont des candidats québécois qui se retrouvent sans accès à la formation », déplore Lysiane van der Knaap, directrice générale d’Éducation internationale.
Les conséquences de cette situation se font sentir au cœur des CFP. Sophie Boetsa-Carrier, conseillère en orientation à l’École hôtelière de la Capitale, évoque une chute inquiétante des demandes de permis d’études pour le programme de cuisine, passant de 130 à 66 élèves internationaux. « Si nous ne proposons pas ces programmes, nous risquons de perdre nos enseignants, ce qui aurait des effets dévastateurs sur notre expertise collective », avertit-elle.
Au CFP Gabriel-Rousseau de Lévis, on prévoit une baisse de 50 % des inscriptions d’élèves internationaux par rapport à l’année précédente, selon son directeur adjoint, Hubert Brulotte. Les inquiétudes ne se limitent pas aux centres de formation. L’Association hôtelière de la région de Québec, représentée par Alupa Clarke, souligne également l’impact de cette baisse sur l’industrie touristique. Elle met ainsi en lumière le risque d’une diminution de la qualité de l’accueil en raison du manque de relève et d’expertise.
À la suite de cette conférence de presse, les chambres de commerce de la région demandent avec insistance au gouvernement d’apporter des modifications urgentes aux restrictions sur les permis de travail post-études. Sans un soutien approprié, la grande région de Québec risque d’être en lutte pour attirer et former la main-d’œuvre nécessaire à son développement économique.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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