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Construire le futur : l’appel à la diversité dans l’industrie

today14/05/2025

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Dans le secteur de la construction, la diversité demeure un chantier difficile à boucler. Alors que le gouvernement fédéral s’engage à construire un demi-million de logements abordables chaque année, des voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de données sur la représentation des groupes sous-représentés, notamment les femmes et les personnes racisées.
Diversité : des données insuffisantes dans les métiers de la construction |  Radio-Canada
Gaye Boston, apprentie technicienne gazière, est l’une de ces voix. Sur les chantiers, cette femme noire relate des anecdotes déconcertantes, comme celle où l’on lui a demandé pourquoi elle n’avait pas choisi de devenir infirmière. Entrée récemment dans le monde de la construction, Gaye fait face à des défis en tant que femme dans un milieu encore majoritairement masculin. « Ça n’arrive pas souvent… parce que je n’ai pas beaucoup d’expérience, » confie-t-elle, alliant humour et détermination pour surmonter les stéréotypes.

 

Heldon Holder, vice-président de l’organisme Aspire4Higher, reconnaît les barrières auxquelles sont confrontées les femmes dans le secteur. À ses yeux, le manque de données représente un obstacle majeur à la compréhension des défis spécifiques rencontrés par les minorités visibles. « C’est vraiment un défi de trouver des données sur ces communautés marginalisées, » souligne-t-il.

De son côté, Rose Marie Powell, directrice générale de Toronto Community Benefits Network, déplore également cette lacune. Dans une ville où plus de 50 % de la population appartient à des minorités visibles, elle souligne l’importance de créer des solutions pour permettre à ces talents de contribuer à l’édification des infrastructures. « Dans nos communautés, il y a des gens qui ont beaucoup de talents, » affirme-t-elle avec conviction.

Rosemarie Powell (@ros_powell) / X

À l’échelle provinciale, Métiers spécialisés Ontario a reconnu son incapacité à recueillir des données sur la représentation des communautés noires dans les métiers spécialisés. Bien que l’organisme s’engage à promouvoir un secteur diversifié et inclusif, les préoccupations persistent quant à la lenteur des avancées. Janvier Kenmow, représentant de l’Union internationale des travailleurs d’Amérique du Nord, évoque une réalité difficile : « Certains syndicats sont un peu fermés. »

Pour que le secteur de la construction soit véritablement accessible à la diversité, il faut davantage d’entrepreneurs afro-descendants et des opportunités contractuelles accrues, selon M. Kenmow. « On peut les compter sur les doigts, » déclare-t-il en parlant des leaders noirs dans ce domaine.

Dans cette lutte pour l’équité, des initiatives commencent à émerger, comme la campagne de sensibilisation que prévoit Métiers spécialisés Ontario pour la rentrée prochaine. Les efforts d’informatisation et d’éducation sur les carrières en construction, comme ceux de la charpentière Rokhaya Gueye qui visite des écoles francophones, restent cruciaux.

Le défi est clair : pour bâtir un avenir inclusif dans le secteur de la construction, il ne suffit pas de poser des briques, mais il faut cimenter la diversité et l’équité. Le chantier est encore en cours.

Écrit par: Danielle Adjagboni

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