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TROC RADIO L’accent afro-canadien
today14/05/2025
Le paysage économique du Centre-du-Québec est en proie à une tempête d’incertitudes alors que les récentes décisions d’Ottawa et de Québec sur l’immigration soulèvent de vives inquiétudes parmi employeurs et employés. Depuis l’automne 2024, de nouvelles restrictions interdisent l’embauche de travailleurs étrangers temporaires dans les zones où le taux de chômage dépasse les 6 %. Une situation d’autant plus préoccupante que le renouvellement des permis de travail pour les employés à bas salaire a également été suspendu, plongeant ainsi de nombreux travailleurs dans un flou total quant à leur avenir professionnel.
Pour des centaines de travailleurs migrants au Québec, l’angoisse est palpable. Privés de visibilité sur leur statut, certains se demandent s’ils pourront continuer à travailler ou devront plier bagages lorsque leur permis expirera. Cette incertitude ne touche pas seulement les employés ; elle menace également la pérennité des entreprises qui, ayant investi des efforts considérables dans le recrutement et la formation de ces travailleurs, pourraient bientôt être confrontées à une perte significative de créativité et de production.
C’est le cas de Marie-Michèle Cyr, responsable chez AIREX Industries, un acteur clé dans la fabrication de systèmes de dépoussiérage industriel à Drummondville. Elle témoigne des enjeux que cela représente : « En ce moment, 33 % de ma production est effectuée par des travailleurs étrangers. » Si je perds ces talents, cela aura un impact économique négatif très important sur nos opérations. « Moins de production signifie également un besoin réduit en main-d’œuvre administrative, technique et project management. »
Face à cette situation préoccupante, l’organisme Drummond économique appelle à un changement dans la façon dont les gouvernements jugent de l’embauche de travailleurs étrangers. Son directeur général, Gerry Gagnon, conteste l’approche actuelle basée sur le taux de chômage. Selon lui, il est illusoire de directement puiser dans la population en chômage pour pourvoir des postes spécialisés tels que soudeurs, électromécaniciens ou tôliers, qui souffrent d’une rareté préoccupante.
« Dire qu’au-dessus d’un certain seuil de chômage, il est possible de trouver des candidats compétents dans la base de chômeurs est une vision simpliste de la réalité du marché de l’emploi. » Les entreprises ont des besoins spécifiques et urgents. Nous espérons que le nouveau gouvernement fédéral prêtera attention aux besoins particuliers des régions », conclut M. Gagnon.
En somme, la crise actuelle des travailleurs étrangers au Centre-du-Québec soulève des questions fondamentales sur l’avenir économique et la capacité des industries locales à se maintenir. L’urgence d’une réaction appropriée de la part des gouvernements n’a jamais été aussi pressante si l’on souhaite éviter une paralysie économique prolongée dans la région.
Écrit par: Danielle Adjagboni
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