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crise de main-d’œuvre  : Les entreprises manufacturières de Québec en péril face aux restrictions d’immigration

today18/04/2025

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Des entreprises manufacturières ont de la difficulté à embaucher de la main-d’œuvre locale pour occuper des postes de soudeur et de machiniste.


De nouvelles restrictions en matière d’immigration forceront des travailleurs étrangers temporaires à quitter le Québec, craignent des employeurs. Ils demandent au gouvernement Legault de remédier à ce problème, mais seules des exceptions pour le secteur manufacturier sont prévues.

Cette question inquiète Marie-Jeanne Bonneau beaucoup plus que les tarifs.

L’entreprise dont elle est directrice générale et copropriétaire, Les Industries Dodec, à Saguenay, fabrique des pièces industrielles et compte 32 travailleurs étrangers temporaires parmi ses 89 employés, surtout des machinistes et des soudeurs, mais elle pourrait devoir en laisser partir plusieurs.

Depuis septembre dernier, le gouvernement fédéral interdit aux entreprises canadiennes d’embaucher un nombre de travailleurs étrangers temporaires excédant 10 % de leur effectif total quand il s’agit de postes à bas salaire, c’est-à-dire rémunérés moins de 32,96 $ l’heure. Dans le cas des Industries Dodec, cette proportion est de loin supérieure.

On n’est plus en mesure de faire de renouvellement de leur permis de travail, explique Marie-Jeanne Bonneau.  Je dois leur dire : « Vous retournez chez vous. »

Elle s’attend à perdre quatre personnes cette année, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elle respecte le plafond imposé par Ottawa.

On va vider mon usine, déplore-t-elle.  Ce n’est pas possible de remplacer ces travailleurs-là par des Québécois […], ça fait qu’on va perdre en chiffre d’affaires. On s’en va vers une décroissance si ça continue comme ça.

J’ai les infrastructures pour doubler mon chiffre d’affaires. Moi, ce qui me manque, c’est les individus.

Une citation de Marie-Jeanne Bonneau, directrice générale et copropriétaire, LesIndustries Dodec.

Si les élus veulent vraiment aider les entrepreneurs à absorber le choc de la guerre commerciale avec les États-Unis, ils doivent revoir les politiques en matière d’immigration, dit Mme Bonneau.

C’est important qu’on contrôle ce qu’on peut contrôler, fait-elle valoir.  Ça, ça se passe chez nous, et c’est à nous de le régler, de le contrôler. Faisons [en sorte] que nos entreprises manufacturières réussissent à se démarquer, qu’elles réussissent leur diversification, puis qu’elles réussissent à conserver leurs travailleurs.

Le gouvernement fédéral n’a montré aucune intention de faire marche arrière jusqu’ici, mais cette entreprise saguenéenne peut espérer être épargnée, grâce à l’intervention de Québec.

Le gouvernement québécois, qui contrôle le programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), prévoit accorder une exception à ceux qui œuvrent dans le secteur manufacturier dans les régions en dehors de Montréal et de Laval. Cette mesure toucherait environ 2000 personnes, selon François Legault.

Des acteurs de l’industrie affirment que les besoins sont plus importants et qu’il faudrait protéger de 12 à 13 000 emplois dans le secteur manufacturier seulement. Il n’est toutefois pas question pour l’instant d’élargir les critères.

Nous sommes sensibles aux préoccupations et aux inquiétudes soulevées, écrit le cabinet du ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, dans une déclaration transmise à Radio-Canada.  Toutefois, il y a trop de résidents non permanents au Québec, dont les travailleurs étrangers temporaires. Les services publics sont grandement sollicités et notre capacité est largement dépassée.

Les entreprises doivent se tourner vers l’automatisation et la robotisation. La venue des travailleurs étrangers doit être une solution de dernier recours.

Une citation du cabinet du ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec, Jean-François Roberge

Il est important d’indiquer que les mesures d’exception envisagées pour les manufacturiers sont en réponse à la guerre commerciale avec les États-Unis qui [touche] particulièrement ce secteur de notre économie, poursuit-on.  Ce sont des mesures temporaires qui visent à atténuer les effets de la crise.

Des exceptions pour d’autres secteurs économiques, comme la restauration et l’hôtellerie, ne sont donc pas sur la table non plus pour l’instant.

Québec répond à ceux qui souhaitent être entendus sur cette question qu’ils pourront participer aux consultations sur la planification pluriannuelle de l’immigration, qui auront lieu au cours des prochains mois à l’Assemblée nationale.

La présidente-directrice générale de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec est d’avis que ces mesures pour réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires auront des conséquences dès cet été.

On anticipe une très bonne saison touristique, se réjouit Geneviève Cantin, qui constate que plusieurs ont annulé leur voyage aux États-Unis pour passer leurs vacances dans la province.

On pallie le manque à gagner, insiste-t-elle en référence à l’injection de capitaux étrangers dans l’économie québécoise, par ailleurs touchée par l’imposition de tarifs douaniers américains.

Cependant, elle s’inquiète du fait que bon nombre d’entreprises devront congédier des employés qualifiés qui proviennent de l’immigration.

On se tire dans le pied, dit-elle.

On comprend la sensibilité qu’il y a avec les demandeurs d’asile, ajoute Geneviève Cantin.  On comprend qu’il y a un bon nombre d’immigrants sur le territoire, mais est-ce que vous pouvez au moins reconnaître le droit acquis de ces entreprises-là qui ont formé des travailleurs étrangers temporaires depuis bon nombre d’années  ?

Elle demande au gouvernement fédéral de permettre aux employeurs qui embauchent déjà des travailleurs étrangers temporaires de les garder et au gouvernement provincial d’accorder une exception à l’industrie touristique, sans quoi l’économie du Québec pourrait être privée de revenus considérables.

 

 

Écrit par: Danielle Adjagboni

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