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Communautés

Nouveau-Brunswick. Racisme et marginalisation : les défis de la communauté noire.

today30/03/2022 4

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Les noirs sont présents au Nouveau-Brunswick depuis plus de 200 ans. Même si une certaine présence s’est confirmée avant cette date, leur arrivée en 1783, en tant qu’esclaves ou esclaves affranchis des familles loyalistes, est la base initiale sur laquelle leur présence s’est bâtie dans la province. Un résultat direct de la perte des colonies américaines lors de la guerre d’indépendance américaine.

Au fil des siècles, ils ont été tour à tour des loyalistes, des réfugiés de la Guerre de 1812, opposant la couronne britannique et les États-Unis d’Amérique. De nos jours, ils viennent en tant que réfugiés, immigrants qualifiés, étudiants internationaux et parfois comme entrepreneurs. Selon le recensement de 2016, il y aurait 7000 personnes noires dans la province.

À l’heure actuelle, il y a donc des communautés noires historiques de Saint-Jean et de Fredericton et des communautés noires immigrantes, majoritairement en provenance de l’Afrique subsaharienne et des Caraïbes.

 

Les noirs du Nouveau-Brunswick ne constituent pas un bloc monolithique. Ils forment des communautés très diverses tant du point de vue linguistique que culturel et ethnique. Du point de vue linguistique, il existe des communautés noires francophones et des communautés noires anglophones. Cette division linguistique est due au passé colonial, voire esclavagiste français, anglais, portugais, etc., de leurs pays d’origine. Sur le plan culturel, même s’ils sont majoritairement originaires de l’Afrique subsaharienne, il existe de grandes différences culturelles et souvent religieuses, entre un ressortissant noir anglophone du Kenya et une personne noire francophone de la République de Guinée ou du Sénégal et un.e noir.e de la communauté historique de Saint-Jean.

Les défis 

Toutefois, malgré ces différences culturelles, les noirs du Nouveau-Brunswick sont unis par leur catégorisation comme noir.e.s par la majorité blanche et par l’expérience de la minorisation et des discriminations raciales. Les communautés noires historiques, comme celles immigrantes, sont victimes de racisme et de discriminations raciales, ainsi que d’une certaine exclusion du champ politique provincial. Combien de députés noirs siègent à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick? Il a fallu attendre jusqu’en 1974 pour que soit élu Fred Hodges, le premier conseiller noir dans la province, à Saint-Jean. Seule la ville de Shippagan a élu un maire noir lors des dernières élections municipales.

Sur le plan économique, les noir.e.s sont souvent exclus des emplois de qualité, à temps plein, bénéficiant d’un certain prestige social, bien rémunérés, avec des avantages sociaux et qui requiert des diplômes ou des qualifications. Ils et elles occupent des emplois dans des niches marginalisées et sans prestige social : préposé.e.s aux soins, centres d’appels, hôtellerie-restauration, garderies, etc.

Sur le plan social, on exige des personnes noires francophones qu’elles s’intègrent à la minorité acadienne et des noir.e.s anglophones qu’ils s’assimilent à la majorité anglophone. Toutefois, avec la prévalence du racisme on assiste à leur marginalisation sociale par les deux communautés linguistiques de la province. En conséquence, malgré leurs divisions linguistiques et culturelles, les noirs ressentent la nécessité de se rapprocher et de s’unir pour lutter contre cette marginalisation socioéconomique et les discriminations dont ils sont victimes. C’est ainsi qu’est né en 2016 le Conseil provincial des personnes d’ascendance africaines au Nouveau-Brunswick (CPPAANB), présidé présentement par Mamadou Oury Diallo.

Actions concrètes pour y remédier

On le voit, les communautés noires néo-brunswickoises sont confrontées à d’énormes défis : défi de la prévalence du racisme et des discriminations, défi économique d’accès à des emplois de qualité et défi de leur unité malgré leur diversité ethnolinguistique et culturelle. Néanmoins, elles peuvent miser sur quelques actions concrètes afin de relever ces défis et d’améliorer la condition socioéconomique des noirs.

En un premier temps, il est impératif que le CPPAANB exerce un leadership en utilisant les associations noires structurées sur une base nationale, en faisant valoir à celles-ci que sans l’unité, la communauté noire ne pourra jamais effectuer de lobbying auprès des différents niveaux de gouvernements. On le sait, ceux-ci mettent de l’avant des intérêts électoraux. Pour être respectés et pris en compte, les noir.e.s doivent parler d’une seule voix.

Cette unité des communautés noires facilitera la deuxième action nécessaire, celle du lobbying. Pour que soient mises en place des politiques favorables à nos membres, tels le logement abordable, les garderies à moindres coûts, les politiques de lutte contre les discriminations raciales, etc.

Et finalement, nous devons agir en soutenant nos entrepreneur.euse.s. Dans notre démocratie libérale, la force d’une communauté repose sur son poids politique unifié, mais aussi économique. Il existe des personnes d’affaires noires et les communautés doivent soutenir leur réussite en créant une économie circulaire, permettant le réseautage entre eux et les consommateurs issus des populations noires. Le CPPAANB aura certainement un rôle à jouer à ce niveau.

Leyla Sall. Professeur à l’Université de Moncton et membre du Conseil provincial des personnes d’ascendance africaine du N.B. 

Written by: La Rédaction

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